Continnuum humain
Par -- le samedi 2 mai 2009, 20:25 - immigration - Lien permanent
Rubrique parue dans Causes Communes de mars 2009 (journal de la Cimade)
L’humanisme contemporain postule qu’un homme vaut homme, une douleur
n’importe quelle autre douleur, une dignité chaque autre dignité. Pour citer
Sartre : « Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut
tous et que vaut n’importe qui ». Il n’y aurait ni proche, ni lointain mais un
continuum humain.
Le spectacle de l’actualité nous fait expérimenter combien ce continuum
connaît des accrocs. Savez-vous ce que les journalistes appellent ironiquement
« le mort kilométrique » ? Plus l’agonie est lointaine, moins elle
sera retenue. Premier accroc à ce mort vaut un mort. Tout les morts sont-ils au
moins égaux face aux kilomètres ?
Non : le touriste français perdu dans la jungle pèse plus que l’ethnie
victime d’un génocide dans le pays voisin. Deuxième accroc : ce n’est pas
« un homme vaut un homme », mais un français vaut un français, un
« les français d’abord » républicainement accepté.
Est-ce tout ? Souvenez-vous de l’actualité récente. Une quinzaine de
jours pour que les médias, un mois pour que le président de tous les français
parlent de la grève générale en Guadeloupe. Un mort qui ne vaut pas le
déplacement d’un ministre. Souvenez-vous du 21 septembre 007 : une femme
chinoise sans-papiers croit que la police vient la chercher, saute par la
fenêtre et meurt. Un peu d’émoi, aucun effet politique. Quand dans le même
quartier – le mien – un an après, un autre sans-papiers trouve la mort dans les
mêmes conditions, pour les mêmes raisons, l’émoi ne dépassera guère les pages
du Parisien, la mairie d’arrondissement et la classe de ma fille. Souvenez-vous
de Guantanamo. Cinq français y étaient détenus. Quelles millièmes d’attention
médiatique ont-ils eu par rapport à Ingrid Bétancourt ?
Ce n’est donc pas seulement la distance ou la carte d’identité qui fait
l’attention. Alors quoi ? La couleur de peau. Etre des
« méchants » - clandestins, islamistes, dangereux syndicalistes – ou
des « gentils ».
La philosophe étasunienne Judith Butler pointe que nos conceptions de
l’humain sont définies sur des bases ethniques, raciales, ou sur un modèle
unique de rationalité. C’est à cette aune que nous faisons entrer ou non dans
notre continuum humain les différentes formes culturelles prises par
l’humanité.
Que d’accrocs dans le continuum humain : un tissu en lambeaux !
C’est pour cette raison que les luttes des « amoureux au banc
public » ou des militants de RESF sont stratégiques. Elles font que es
proches transformés en lointains par les accrocs au continuum de l’humain
redeviennent des proches, uniquement parce qu’on les connaît comme humain,
comme personne, comme personne qui vaut toutes les autres et que toute autre
vaut. Cette capacité à construire une conception concrète et inclusive de
l’humain est pour Judith Butler la pierre de touche de notre propre
humanité.
Derniers ouvrages parus : Au-delà du lesbien et du mâle, la théologie queer de subversion des identités chez Elizabeth Stuart, Van Dieren, 2008 et Vivre Egaux et différents, L’atelier, 2008.
Commentaires
Y at-il des livres sur ce thème ont été publiés en 2009. Peut-être que vous connaissez le titre et peut me dire?
rien a dire toujours le meilleur du web!
c est extremement facile mais faut un peu de reflexion quand meme
In Xinjiang Loulan ausgegraben ein Paar aus Wolle Frauen Stiefel, aus mehr als 4000 Jahren, als die gesamte Paar Schuhe, Stiefel und Sohlen aus zwei Hauptkomponenten, dem weltweit ersten Stiefel.