Peut-être que dans moins de 15 jours, les Etats-unis auront un président noir.

A moins que – parce qu'il est noir – au dernier moment des électeurs changent d'avis et votent Mc Cain.

Mais est-il noir ?

Ça vous paraît saugrenu comme question ?

Mais allons, ça se voit !

Pourtant Obama a autant d'ancêtres blancs que noirs. Un père africain et une mère blanche.

On pourrait parler de lui comme un métis.

Il a été élevé par sa mère et ses grands-parents : blancs.

Quand il était petit, le prénom barrack disparaissait derrière le très américain surnom de Barry.

Son père est un africain, il n'est pas un noir américain ayant dans son histoire l'histoire des esclaves noirs-américains. Et même si ça avait été le cas, ce père africain l'a abandonné, lui et sa mère à la naissance.

Au début de son apparition médiatique, certains représentants de la communauté noire, ont pu dire que pour toutes ces raisons, parce qu'ils ne partageait pas l'histoire de la communauté afro-américaine, il ne pouvait être un représentant de la communauté noire.

Mais alors, pourquoi Obama est-il si noir alors qu'il pourrait être considéré comme si blanc ?

D'abord parce qu'il a fait des choix.

Il est devenu travailleur social dans un quartier noir.

A Chicago, même si depuis il a renié cet engagement, il a rejoint une église emblématique des églises noires, Trinity church, engagée, dans le travail social, dans la reconnaissance de la culture africaine, une église emblématique d'un certain nationalisme noir.

Il a épousé non seulement une femme issue de cette histoire de l'esclavage, mais une partie de son histoire.

Ensuite parce qu'on lui a dit depuis qu'il était petit qu'il était noir.

Au lycée, on lui disait que son père était un « cannibale ».

Et dans la campagne, vous avez suivi, en permanence, il est renvoyé à cette image de noir par les républicains.

Noir ou blanc, Obama ? L'histoire d'Obama nous dit qu'une identité, est à la fois choisie et imposée. Cela nous dit aussi qu'une identité cela être plus riche qu'être dans une boite ou une autre, et Obama invente quelque chose au-delà du noir et du blanc comme l'a montré son brillant discours sur la race il y a quelques mois.

Mais ça nous dit aussi que dans nos têtes, dans nos regard de membre de groupes légitimes - moi je suis un homme, blanc, hétérosexuel - nous manquons de finesse.

Quelqu'un d'un peu noir comme Obama, nous le voyons comme entièrement noir, trop noir n'osent dire certains.

Comme dans nos églises, où certains trouvent qu'elles deviennent trop noir quand il y a des frères africains qui nous rejoignent.

Ou trop homosexuelles quand les personnes gays ou lesbiennes ont le mauvais goût de ne plus cacher ce qu'elles sont.

L'histoire d'Obama est une invitation à changer nos lunettes, à voir comment les gens sont un peu noir, un peu blanc, sont d'abord des individus avec une histoire, une diversité en eux-mêmes.

Nous devons savoir regarder les nuances de couleur de nos communautés, les arc-en-ciels qui s'y déploient, comme celui que Dieu donna au monde comme signe de son alliance.

Nous sommes invités à voir les gris, toutes les diversités de gris comme y invitait Paul Ricoeur.

Et ça tombe bien, le gris est une couleur très tendance cette année.

Post scriptun : un homme s'est suicidé hier dans une prison française. Le 91e de l'année.