Pour un monde plus gris, gris-arc-en-ciel
Par Editeur le jeudi 23 octobre 2008, 10:38 - Etudes post-coloniales - Lien permanent
Chronique sur Fréquence protestante du 23/10/08
Peut-être que dans moins de 15 jours, les Etats-unis auront un président
noir.
A moins que – parce qu'il est noir – au dernier moment des électeurs
changent d'avis et votent Mc Cain.
Mais est-il noir ?
Ça vous paraît saugrenu comme question ?
Mais allons, ça se voit !
Pourtant Obama a autant d'ancêtres blancs que noirs. Un père africain et une
mère blanche.
On pourrait parler de lui comme un métis.
Il a été élevé par sa mère et ses grands-parents : blancs.
Quand il était petit, le prénom barrack disparaissait derrière le très
américain surnom de Barry.
Son père est un africain, il n'est pas un noir américain ayant dans son
histoire l'histoire des esclaves noirs-américains. Et même si ça avait été le
cas, ce père africain l'a abandonné, lui et sa mère à la naissance.
Au début de son apparition médiatique, certains représentants de la
communauté noire, ont pu dire que pour toutes ces raisons, parce qu'ils ne
partageait pas l'histoire de la communauté afro-américaine, il ne pouvait être
un représentant de la communauté noire.
Mais alors, pourquoi Obama est-il si noir alors qu'il pourrait être
considéré comme si blanc ?
D'abord parce qu'il a fait des choix.
Il est devenu travailleur social dans un quartier noir.
A Chicago, même si depuis il a renié cet engagement, il a rejoint une église
emblématique des églises noires, Trinity church, engagée, dans le travail
social, dans la reconnaissance de la culture africaine, une église emblématique
d'un certain nationalisme noir.
Il a épousé non seulement une femme issue de cette histoire de l'esclavage,
mais une partie de son histoire.
Ensuite parce qu'on lui a dit depuis qu'il était petit qu'il était
noir.
Au lycée, on lui disait que son père était un « cannibale ».
Et dans la campagne, vous avez suivi, en permanence, il est renvoyé à cette
image de noir par les républicains.
Noir ou blanc, Obama ? L'histoire d'Obama nous dit qu'une identité, est
à la fois choisie et imposée. Cela nous dit aussi qu'une identité cela être
plus riche qu'être dans une boite ou une autre, et Obama invente quelque chose
au-delà du noir et du blanc comme l'a montré son brillant discours sur la race
il y a quelques mois.
Mais ça nous dit aussi que dans nos têtes, dans nos regard de membre de
groupes légitimes - moi je suis un homme, blanc, hétérosexuel - nous manquons
de finesse.
Quelqu'un d'un peu noir comme Obama, nous le voyons comme entièrement noir,
trop noir n'osent dire certains.
Comme dans nos églises, où certains trouvent qu'elles deviennent trop noir
quand il y a des frères africains qui nous rejoignent.
Ou trop homosexuelles quand les personnes gays ou lesbiennes ont le mauvais
goût de ne plus cacher ce qu'elles sont.
L'histoire d'Obama est une invitation à changer nos lunettes, à voir comment
les gens sont un peu noir, un peu blanc, sont d'abord des individus avec une
histoire, une diversité en eux-mêmes.
Nous devons savoir regarder les nuances de couleur de nos communautés, les
arc-en-ciels qui s'y déploient, comme celui que Dieu donna au monde comme signe
de son alliance.
Nous sommes invités à voir les gris, toutes les diversités de gris comme y
invitait Paul Ricoeur.
Et ça tombe bien, le gris est une couleur très tendance cette année.
Post scriptun : un homme s'est suicidé hier dans une prison française.
Le 91e de l'année.
Commentaires
f�licitation pour ce topic
c'est tr�s rare de rencontrer une telle discussion sur le net :)
merci pour ce topic, mais faut que les mentalites change!
Un blog est un journal personnel en effet mais surtout un lieu dechange et de partage d idees (tout comme je fais actuellement sur le sujet) Bref, Merci pour les tuyaux, cest tres enrichissant.