Au Tibet dans trois régions voisines, les tibetains manifestent contre la mort de leur pays. Le pouvoir chinois réprime. Et se pose la question du boycott des jeux olympiques.

Les partisans des Jeux Olympiques à Pékin pourront faire remarquer qu'ont ne dirigerait peut-être pas autant les caméras vers le Tibet s'il n'y avait pas les jeux olympiques dans quatre mois à Pékin. Et une des raisons de ce nouveau mouvement est peut-être que les Tibetains savent que le monde regarde la Chine.

Mais qu'est-ce que ça change que les caméras soient tournées vers la Chine ? Est-ce que Pékin change son attitude, retiens ses coups, épargne l'opposition ?
Cela ne change rien ou presque. Le bain de sang, certes n'a pas eu lieu. L'ouverture, la modération dans la vision du pouvoir chinois, c'est de lancer un ultimatum aux manifestants: leur accorder sa clémence s’ils se livraient à la police avant ce lundi soir minuit.

Non seulement le fait qu'il organise les JO ne retient pas le pouvoir chinois dans sa politique de répression des libertés, mais la révolte au Tibet serait le résultat d'un récent durcissement de la répression sur les Tibétains.

Ainsi, Pékin vient de lancer une nouvelle campagne visant à sédentariser les nomades, ce qui oblige les Tibétains à abandonner leurs terre et leur mode de vie ;

l’arrivée massive d’ouvriers migrants Han (ethnie majoritaire du pays) pour la construction du chemin de fer au Tibet inauguré en juillet 2006 poursuit la politique de minorisation des tibétains dans leur propre pays.

Côté spirituel, le gouvernement chinois vient de porter un coup bas à l’un des principes fondamentaux du bouddhisme tibétain, la réincarnation. Pékin a décrété que personne ne pourrait être réincarnée sans sa permission.
Pas ce décret surréaliste pour un pouvoir communiste athé, les dirigeants chinois veulent s'assurer le contrôle de la désignation du prochain Dalaï-Lama.

Est-ce que le boycott, ou la menace de boycott ferait reculer ce pouvoir ? Difficile à dire tellement il semble que rien ne puisse l'atteindre.

En revanche, une chose est sûr. Il y a un problème de cohérence entre des Jeux Olympiques censés représenter la paix entre les peuples, l'unité du genre humain, la rencontre des cultures, et un pouvoir chinois qui méprise l'humain, le torture, l'enferme, écrase les peuples en son sein et un peuple voisin comme le peuple Tibétain.

Et moi je crois que j'aurai bien du mal à regarder ces JO à la télé.
Devant chaque course à pied, je verrai la police poursuivant les manifestants, ou les chrétiens des églises interdites, Devant le marathon, je repenserai au Tibetains partant sur le routes de l'éxil, En entendant les cris des supporters, j'entendrai les cris des prisonniers politiques.

Et la devise des jeux olympiques deviendra pour moi :

plus vite, plus haut, plus fort... plus insupportable.