L'environnement, le respect de la planète est à nouveau dans l'actualité. Avec José Bové, plusieurs personnes sont en grève de la faim pour que le gouvernement, comme promis, suspende la culture d'un maïs OGM, ce qu'on appelle la clause de sauvegarde. Le gouvernement, sous la pression, vient de retirer le projet de loi sur les OGM. Il est étonnant de voir que le réformateur Jean Calvin au 16e siècle avait des expressions très actuelles sur l'environnement.

« En toute chose, nous devons discerner l'auteur et lui rendre grâce ». Certes, les aliments ont été non seulement pour notre nourriture mais pour notre plaisir et notre récréation, mais si nous en abusons, nous ne serons plus en état de rendre grâce à Dieu. Les vêtements ont été faits pour nous vêtir, mais aussi pour que nous soyons honnêtes et décents, mais si nous yeux sont « fichés par la magnificence de nos vêtements », regarderons-nous Dieu ? Comment mieux dénoncer la fascination de nos contemporains pour les objets et la consommation ?

« Nous sommes des administrateurs des biens de Dieu ». Tout nous est donné par Dieu « comme un dépôt dont il nous faudra bien rendre compte. » Or Dieu a en exécration « toute intempérance, orgueil, ostentation et vanité ». Que l'on soit croyant ou pas, nous pouvons partager cette idée que la terre nous est confiée et que nous devons rendre des comptes sur son administration, par exemple à nos enfants, ou aux pays du sud qui doivent pouvoir se développer et à qui nous avons volé leur « quota » d'émission de Co2 supportable par l'atmosphère. L'intempérance, l'orgueil, l'ostentation et la vanité ne sont-elles pas quelques-uns des comportements – il faudrait rajouter l'appât capitaliste du gain – qui sont à l'origine de la crise écologique ?

« Nous devons user de ce monde comme n'en usant pas ». Comme pour Paul pour qui (1 Cor. 7, 29-31) il faut se marier comme s'ils ne se mariaient pas, il faut user de ce monde sans se laisser piéger par les réalités matérielles du monde et donc user modérément de l'abondance et du superflu. Calvin s'inquiète avant l'heure du développement sans limites besoins et de la course effrénée après les biens que possèdent toujours des plus riches. User de ce monde comme n'en usant pas, n'est-ce pas la première formulation moderne d'un appel à la sobriété volontaire qui permet de laisser le monde dans lequel nous l'avons trouvé, c'est à dire avec une empreinte écologique zéro ?

Côté catholiques, deux siècles avant, Thomas d'Aquin avait aussi quelques idées éclairantes.
Ainsi pour lui, l'homme doit se servir de la nature sans malignité en en ayant un usage selon la façon qu'a eu Dieu de les régler.
Que penser alors des OGM ? Des vaches qui mangent de la nourriture de carnivore ? Peut-être que Sarkozy, nouveau chanoine catholique, en parlera avec Benoit XVI lors de leur prochaine rencontre.