Mardi, le premier ministre espagnol José Louis Zapaterro a rejeté le plan de paix que lui proposait le président de la région basque.
D'un côté, un premier ministre socialiste.
De l'autre, le président de la région basque, qui n'a rien d'un extrémiste. Son parti - le Parti nationaliste basque - n'a et n'a jamais eu de lien avec les militants armés d'ETA. Le PNV n'est pas un parti de la gauche radicale comme Herri Batasuna qu'on présente souvent comme la vitrine des terroristes de l'ETA. C'est un parti de centre-droit, démocrate-chrétien, non-violent.

Le plan de paix du dirigeant basque propose deux référendums. Le premier – prévu en octobre 2008 - autoriserait les partis basques à réfléchir ensemble aux relations entre le pays basque et l'Espagne, première étape vers un accord global en vue de mettre fin au conflit. Le modèle : la déclaration conjointe des gouvernements britannique et irlandais de 1993, qui a abouti à un accord de paix en Irlande du Nord. Un deuxième référendum en 2010 permettrait de ratifier le résultat de ces négociations.

Le deuxième référendum n'aboutirait pas forcément à l'indépendance.
D'ailleurs, si certains partis basques y sont favorables, d'autres non. Les partis nationalistes sont majoritaires en Espagne, mais la revendication d'indépendance reste minoritaire.

Ce plan apparaît très modéré.
Pourtant Zapaterro oppose un refus clair : "Cela n'est pas autorisé, cela ne se produira pas et ils ne le feront pas". Sans doute Zapaterro a-t-il peur d'être plombé lors des législatives de mars alors que la droite espagnol l'accuse de trahir l'unité nationale espagnole.

Le fossé est grandissant entre Etat espagnol et communauté basque.
Alors que la société basque s'est largement désolidarisé d'ETA, l'état espagnol, lui, ferme petit à petit toutes les portes à une solution non-violente du conflit.
Après avoir dissous le parti de la gauche nationaliste qui était pourtant en train de prendre ses distances avec ETA, l'Etat espagnol a bloqué toute ses tentatives de présenter des candidats aux élections et arrête aujourd'hui systématiquement tous les dirigeant de cette organisation.
Aujourd'hui, c'est le plan du centre-droit basque qui est retoqué.

Comment penser qu'on pourra s'en sortir en s'enfermant dans un face à face entre un Etat espagnol bloqué et l'ETA coupé de la réalité ?

Il faut espérer que la société basque soit suffisement mature pour pousser ses propres solutions appuyées sur la non-violence, l'expression par le vote et la négociation entre minorité et majorité.