Ce sont au départ, deux milieux très différents.

Il vient d'une bourgeoisie déclassée puis enrichie à nouveau. Elle, avait préféré auparavant, des attachements, plus évidents, plus populaires, plus traditionnels pour elle.

On a pu s'étonner de leur alliance, très mise en scène. Leur alliance durerait-elle ? C'était la principale question depuis son élection.

Elle avait de quoi râler. Elle pouvait avoir l'impression que d'autres, plus riches, plus connus, l'intéressaient plus. Il multipliait vers eux les cadeaux, les connivences.

Et puis dernièrement, plusieurs sales coups, quelques cadeaux trop voyants, quelques actes agressifs avaient franchement tendu leur relation.

Leur union allait-elle tenir ?

Dans les journaux, cela se traduisait régulièrement, y compris dans les sondages. Pas bon pour lui, il baissait.

Et hier, a été confirmé ce à quoi on pouvait s'attendre, et à vrai dire pour moi, souhaiter.

La séparation a été consommée, officielle.

Ne vous offusquez pas, je ne parle pas du divorce de Nicolas et de Cécilia.

Je parle de la séparation, avec force manifestations et gréves entre Nicolas Sarkozy et la classe ouvrière, les milieux populaires si vous préférez.

Cette alliance tant célébrée au moment des élections, si étonnante, n'aura donc pas tenu face à la collection de cadeaux fiscaux aux plus riches, face à la tentative d'enlever quelques privilèges aux plus avantagés des moins avantagés.

Et la baisse régulière dans les sondages de la popularité du président s'est hier traduite dans les gréves et les manifs très réussies.

Je n'avais pas été invité à ce mariage politique contre-nature. Et d'ailleurs, je n'y serais pas allé.

Là j'étais convié au divorce, entre République et Nation.

C'était gai, plein de musique, de sourire, de danse. Les fumigènes colorés des cheminots donnaient un air de fête à tout ça.

Et malgré un peu de froideur, le soleil nous réchaufait.

Pas de doute, c'était un beau divorce.