Ça a du mal à passer cette caisse noire du syndicat des patrons des mines et de l'industrie. 163 millions d'euros – plus d'un milliard de nos anciens francs – c'est beaucoup, surtout quand des patrons tapent dedans on ne sait pas trop pour quoi faire, quand ça sert à corrompre les syndicats de salariés pour qu'ils soient compréhensifs dans les négociations.

Mais c'est une goutte d'eau à côté des milliards – un goutte d'eau qui vient du même océan – une goutte d'eau à côté des milliards des gros salaires et stock options des patrons des grosses entreprises, Une goute d'eau à côté des milliards qui sont distribués aux actionnaires.

Les salariés doivent eux se contenter de petites augmentations, les patrons de PME risquent leurs maison tous les jours. On trouve que ça a du mal à passer cette caisse noire, mais on gobe tout les jours la répartition inégale des richesses qui alimente la caisse noire.

Ça reste en travers de la gorge, dans la nouvelle loi sur l'immigration, les amendements sur l'ADN et le refus d'accueillir les sans-papiers dans les structures d'urgence.

Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg : d'une loi qui réduit de plus en plus le droit au regroupement familial, qui met à mal ce qui reste du droit d'asile, qui généralise la suspicion envers les étrangers.

Ça reste en travers de la gorge ces amendements, mais malgré une nouvelle manifestation samedi des associations – dont la CIMADE –, malgré les protestations des églises dont la Fédération protestante et la Mission populaire, on s'apprête à avaler l'iceberg entier d'une loi qui va produire toujours plus de clandestins, d'injustice, de malheur.

Jésus avait déjà très bien résumé tout ça.

S'adressant aux scribes et aux pharisiens, il leur lançait : Vous filtrez le moucheron mais vous avalez le chameau.

Et ce qu'il disait avant semblait écrit pour notre actualité :

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites !

Vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, mais vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.


Arrêtons de gober n'importe quoi. Flitrons les moucherons sans pour autant gober les chameaux.