Nicolas Sarkozy a déclenché un tollé en affirmant que la pédophilie ou le suicide des jeunes pouvaient avoir des origines génétiques.

Non, lui ont répondu ses détracteurs, les hommes sont libres, essentiellement libres.

Deux choses m’ont étonné dans ce débat où une fois de plus tout semble se diviser de manière binaire.

La première c’est qu’il n’y aurait que les gênes ou la liberté. Le social ça n’existe pas.

Cet oubli est d’autant plus étonnant que dans l’interview donnée à Philosophie magazine, Nicolas Sarkozy évoque le facteur génétique après avoir dénié à Michel Onfray l’importance que pouvait avoir le contexte social dans l’origine de la délinquance ou les attitudes criminelles.

L’autre chose qui m’étonne dans ce débat : c’est comme si l’homme n’était que soit totalement libre, ou soit totalement prisonnier. Parler de contexte, de contraintes social, c’est dire aussi qu’il y a de la marge de manœuvre. Pour la société qui peut essayer de modifier le contexte. Pour l’individu qui peut essayer de briser les contraintes.

Il n’y a pas que la prison des gênes ou des êtres pures et sans contraintes qui feraient entièrement ce qu’ils veulent.

L’apôtre Paul était finalement plus réaliste quand il disait d’un côté :

il n’y a plus ni homme libre, ni esclave, ni grec, ni juif, ni homme ni femme
et de l’autre :

ce que je produis, je ne le comprend pas. Ce que je veux, je ne le pratique pas, mais ce que je fais je déteste. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas.

Il nous disait en même temps que nous étions pris dans des identités sociales qui n’étaient pas notre identité dernière et que nous étions invités à en déserrer les contraintes,

Et de l’autre que malgré tout, en dernier instance, nous n’étions que des humaines, avec nos limites, nos faiblesses, notre capacité incomplète à faire les choses.

Et finalement, comme le disait Jacques Ellul, si nous sommes contraints par nos corps, par notre éducation, par le pouvoir de l’économie, par le pouvoir de la technique, il n’y a qu’un endroit où nous sommes libre : c’est face à Dieu. N’est-ce pas cela qui nous permet toutes les espérances ?