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  <title>Bloc de Stéphane Lavignotte</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 19 May 2013 13:54:12 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>Trois théo-politiques de la neige</title>
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    <pubDate>Sat, 16 Mar 2013 10:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Actualité</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Trois textes paru les 20, 22 et 23 janvier 2013 sur Médiapart&lt;/p&gt;    &lt;h2 class=&quot;titleView&quot;&gt;Théo-politique de la neige (1) : comme un désir
bucolique...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;20 janvier sur Médiapart&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;Je sors ce dimanche matin alors que la neige a enfin recouvert Paris. Je
vais présider le culte de La Maison Verte. Le silence est quasi-total.
Seulement le bruit indéfinissable des fines paillettes de neige qui continuent
à l'épaissir. Il n'y a personne dans ma cité de la Grange-aux-belles. Je
rejoins la place du Colonel Fabien. Quasiment pas de voiture, les rares roulent
au pas. On n'arrive plus à distinguer entre les trottoirs et la chaussée. La
ville a comme une autre allure. A plusieurs reprises je m'arrête. Je sens un
truc bizarre. Là où je suis si souvent, j'ai l'impression d'être ailleurs.
Comme transporté dans une autre dimension du même endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense à ces films catastrophes où l'on reconnaît Paris, New-York, mais
ensevelis par de l'eau après un déluge ou des cendres (blanches) après une
catastrophe nucléaire. Mais ça ne colle pas, car c'est calme, agréable,
tranquille, doux. Pas l'angoisse des films post-apocalyptiques. Ça y est, j'ai
pigé. Je suis dans une de ces utopies écolos des années 70 que j'aime tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://docpatrimoine.agroparistech.fr/IMG/jpg/brice_lalonde.jpg&quot; alt=&quot;brice_lalonde.jpg&quot; class=&quot;external&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;Dans l'affiche, qui
trône dans notre salon, de la législatives de 1976 où se présentèrent René
Dumont et Brice Lalonde (merci Couss pour le cadeau !), on reconnaît les
rues de Paris, la Seine, le quartier de Beaubourg mais transformés par un autre
désir : des jardins partagés, des éoliennes, des ateliers de vélos,
Paris-plage avant l'heure (et on se baigne dans la Seine !), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense à une autre affiche. L'hommage à cette utopie de 1976 que nous
avions produite avec le dessinateur Philippe Coussonneau pour la campagne de
Véronique Dubarry et des Verts 10e en 2001 : la porte Saint Martin
transformée en scène de Théâtre, de la planche à voile et de l'aqua-ski
(Jésuski !) sur le canal St Martin, plus de locos diesel à Gare de
l'Est...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, je suis dans l'An 01, ce film de Doillon inspirée d'une bédé de
Gébé initialement publiée au début des années 70 dans Charlie-Hebdo. Fatigués
de l'absurdité de l'existence boulot-béton-bagnole, tout le monde décide :
« on arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste ». Et ils arrêtent
tout. Plus de voiture, on ne va plus bosser, on jette les clefs des maisons...
Et on habite la ville différemment. Les poubelles deviennent des grandes
oreilles dans lesquels on dit les idées qui passent par la tête - « je
crois que je vais dire une connerie. Bon, je la dis quand même » - pour
les partager avec tous. On défonce les trottoirs pour y faire pousser des
carottes...&lt;img src=&quot;http://spontanee.canalblog.com/images/__l_an_01___le_non_reveil__.jpg&quot; alt=&quot;__l_an_01___le_non_reveil__.jpg&quot; class=&quot;external&quot; height=&quot;403&quot; width=&quot;360&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, ma ville ressemble un peu à ça. Les rues quasi sans voitures sont
pour les enfants qui font des batailles de boules de neiges. Des parents font
de la luge avec des tout petits enfants enfin libérés de leurs poussette. Un
homme descend à ski les contreforts de Montmartre ! Tout le monde est
prudent dans la marche, chacun fait attention à ce que l'autre ne tombe pas...
Des sourirs sur tous les visages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression que les gens aiment ça. Comme une envie d'aller moins
vite, de jouer, de retrouver ses six ans dans une bataille de boule de neige.
Une envie d'An 01, un avant goût du Royaume...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Naïf, cul-cul, bucolique ? Oh oui ! En réponse à la
déclaration de politique général de Lionel Jospin en 1997 qui annonçait la
fermeture de Superphénix, du Canal Rhin-Rhône, un moratoire sur les autoroutes,
Michel Séguin s'en prenait à ses alliés de « la mouvance bucolique. Vous
pouvez pourtant vous rassurer : le temps viendra vite où l’autre aile de
votre majorité leur fera savoir qu’il est un son encore plus insupportable que
celui des avions qui décollent ou des voitures qui roulent, c’est le silence
pesant des usines et des chantiers qui, si on les suivait, pourraient ne plus
ouvrir. »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Ce matin, je sentais bien du monde dans une mouvance
bucolique...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&quot;titleView&quot;&gt;Théopolitique de la neige (2): la boule de neige, prisme
de nos guerres et nos luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Samedi, j'avais prévenu Maël : ce serait sans pitié. Il a 10 ans ans,
c'est un de mes voisins du dessus ; j'en ai 42. Mais dans une bataille de
boules de neige, ça ne compte plus. La bataille de boules de neige, c'est un
moment de renversement, comme le mardi-gras, qui nous parle de nos guerres et
luttes sociales. Comme un envers, nous rappellant le pire comme le meilleur de
nos façons de lutter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche après midi, ce fut sans pitié. Prêt à faire subir le pire à
l'autre : écraser la boule sur le visage, la mélanger aux chevelures qui
ont perdu leur bonnet, renverser l'autre par- terre et le rouler dans la
neige... Ça nous dit, qu'à l'inverse dans nos luttes, heureusement, on ne peut
pas tout faire subir à l'autre. Il y a des limites : de la loi et du
respect de l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche après midi, ce fut sans morale. Arriver par derrière. Tirer la boule
de neige dans le dos. Progresser caché derrière des personnes âgées. Prendre
comme bouclier humain n'importe qui, de préférence le plus faible ou,
Marie-Laure, la plus enrhumée. Comme ce n'est que de la neige et qu'il n'y aura
pas de blessure, on peut appliquer l'adage que j'invente pour l'occasion :
« Pas de préjudice, pas de morale ». Ça nous dit que dans nos vraies
luttes, parce qu'on blesse vraiment, on doit respecter des régles, des règles
dans la guerre militaire, sociale comme inter-personnelle. « Des
préjudices, donc une morale » ; «De grands préjudices, donc beaucoup
de questions morales » : par exemple, la bombe atomique et ses
conséquences, Tchernobyl et ses conséquences comme interpellations radicales
morales sur le sens du progrès et le devenir de l'humanité...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche après midi, ce fut une guerre de mouvement, comme aurait dit Gramsci.
Bouger tout le temps, passer son temps à courir et glisser. Ça signifie, qu'on
n'est pas dans la guerre de position : rester au même endroit, c'est la
ratatouille assurée. Croire qu'on peut se cacher derrière un banc, un
muret ; c'est être sûr d'être contourné et enneigé. Ça nous rappelle que
dans la vie, dans notre société, au contraire, il ne faut pas négliger la
guerre de position, tenir la tranchée, en gagner de nouvelles. Mais ça ne se
gagne que par une guerre de mouvement. Même si on désespère parfois de la force
des positions de l'adversaire dans cette France tellement figée...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche, ce fut le retournement des positions forts-faibles. Nous avons joué,
enfants et adultes ensemble. La fin du pouvoir des adultes ! Les enfants
mettent la pâtée aux parents ! Dans une bataille de boules de neige, ce
sont les armes des faibles qui sont les plus efficaces, les mêmes que celles
que nous racontent la Bible dans les histoires de Samson et Dalila, des femmes
victimes des hommes, etc (Merci la Cafetière !). La ruse : arriver
par derrière, en douce, sans se faire voir ou entendre... Le martyr :
foncer tout droit sur l'autre, pour lui lancer du plus prêt possible, au risque
de se prendre la sienne en pleine poire... Ça nous rappelle que dans nos
luttes, les pauvres ne sont pas sans armes, mais qu'elles sont de l'ordre de la
ruse, de la guérilla, de l'attentat suicide, de la grêve de la faim. Et que les
forts auraient finalement peut-être intérêt à laisser quelques armes aux
faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche après midi, ce fut la fluidité des alliances. La guerre de chacun
contre chacun. Je fais croire que je lance sur Sandra, et c'est René qui prend.
Maël crie « Tous sur Milo ! », mais c'est finalement Samy qui
est arrosé de boules, et la coalition fond immédiatement. Je ne suis jamais
contre les mêmes et inversement. Nous sommes des enfants et des adultes, des
femmes et des hommes, mais dans le jeu de boules de neige, ces grandes
structurations  ne tiennent plus.&lt;/p&gt;
Ça nous rappelle que dans la vraie vie, des grandes structurations – classe,
race, genre, handicap - marquent sacrément le marché du travail ou la
politique. Et que dans ces cas là, les alliances sont peu liquides, encore
moins poudreuses, mais ancrées et que souvent, c'est toujours les mêmes tous
contre un... En l'occurence, la femme noire ou arabe des milieux populaires,
elle a peu d'alliés !&lt;br /&gt;
La bataille de boules de neige, en dehors de toute structure de pouvoir et de
domination ? Parenthèse enchantée ? Oui et non... Le non, c'est pour
demain...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;titleView&quot;&gt;Théopolitique de la neige 3 : Les tueurs de bonshommes de
neige sont-ils des agents d'Al Qaeda ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Je terminais ma chronique d'hier par cette question : la bataille
de boule de neige est-elle en dehors de toute structure de pouvoir et de
domination ? Parenthèse enchantée pendant laquelle les dominations
hommes-femmes, enfants-adultes seraient suspendues ? Oui, laissions-nous
penser hier, plein d'optimisme. Et non, aujourd'hui, plein de
réalisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;img src=&quot;http://sphotos-f.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/553017_10151379169404704_1659151489_n.jpg&quot; alt=&quot;553017_10151379169404704_1659151489_n.jp&quot; class=&quot;external&quot; height=&quot;360&quot; width=&quot;480&quot; /&gt;Alors que nous avions fini notre bonhomme de neige, arrive un
groupe de gamins de la cité, Noirs, Arabes et Blancs, fils de prolos. Nous
sommes sur leur aire de jeu habituelle, nous qui finalement sommes rarement
dehors dans notre cité, biens au chaud dans nos appartements d'adultes et de
bobos, seule copro de la Grange aux belles, composée surtout de logements
sociaux. « On va casser votre bonhomme de neige ! » « mais
non, faites-en un ! » « on vient d'en massacrer
pleins ! ». Ils font les méchants, pas plus hauts que trois
pommes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Ils s'éloignent. Puis ralentissent. Puis nous lancent des boules de
neige. Allons-nous jouer ? La parenthèse enchantée, le « jeu »
qui renverse les barrières des luttes réelles va-t-il continuer ? Certains
jouent. D'autres font des boules les plus tassées possible pour faire mal. A
des moments, avec certains, on a l'impression qu'on est dans le jeu. Avec
d'autres, ils nous balancent ce qu'ils aimeraient balancer aux bobos Blancs le
reste du temps... Roland essaie de troubler le jeu des alliances, me balançant
des boules de neige pour montrer qu'il n'y a pas deux camps, deux
« bandes »... Je rigole avec certains, j'en félicite d'autres pour
leur adresse... A un autre moment j'applique un des conseils de Martin
Luther-King dans « L'amour des ennemis » : lors d'une riposte à
l'attaque de l'un d'eux, je l'ai saisi et suis prêt à lui écraser une boule sur
le nez, je ne le fais pas, mais il a vu que j'aurais pu, et il sourit.
« Quand vous pouvez affliger une défaite à un adversaire, c'est le moment
de ne pas le faire ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;On croit un moment qu'on a réussi à jouer ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;La bataille s'arrête, on va rentrer. Le petit groupe de gamin
s'agglutine devant notre bonhomme de neige. Des « grands », Arabes,
leur font les gros yeux : « Vous touchez pas au
bonhomme ! ». On discute. On a l'impression qu'on arrive à les
convaincre de ne pas le casser, de faire des bonshommes pour compléter le
nôtre. « On va faire une fille ! » dit l'un. « Arrêtes, tu
vas le casser ! » crie un autre à un de ses copains qui trace des
sourcils à notre bonhomme. La majorité a l'air de jouer le jeu, d'avoir envie
de faire un bonhomme de neige. On s'éloigne. Mais tout d'un coup l'un d'eux –
qui me balançait des boules bien serrées, à qui je n'avais pas affligé la
défaite mais avec qui j'avais l'impression d'avoir établi le contact - décapite
le bonhomme d'un coup de poing. Lui n'a pas appliqué l'amour des ennemis. Il
m'a affligé la défaite quand il a pu. Le groupe pousse d'abord un cri de
réprobation, puis se jette sur le bonhomme et le met en pièce.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;On imagine l'histoire exploitée par les habituels démagogues. Lors
d'un meeting à Draguignan (Var), Jean-François Copé lancerait dans un meeting
pour sa réélection à l'UMP : «Il est des quartiers où je peux comprendre
l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille
rentrant de la messe le dimanche et apprenant que leur fils s'est fait
détruire son bonhomme de neige par des voyous qui lui expliquent qu'on ne
dresse pas des statues d'idoles dans leur cité.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J'imagine la « une » du &lt;em&gt;Point&lt;/em&gt; : « Les
tueurs de bonhommee de neige sont-ils des agents d'Al Qaeda ? » et
l'interview d'Elisabeth Lévy nous expliquant qu'il y en marre du politiquement
correct qui cache que des milliers de bonhomme de neige sont décapités chaque
année par des jeunes musulmans dans l'indifférence générale (« chacun de
vos lecteurs en a bien aperçu dans la rue, non ? »), qu'ils imposent
leur loi dans leur quartier en empêchant de construire des bonshommes de neige,
alors que c'est une tradition ancestrale française, essentielle à notre
identité, qu'il n'y a pas d'hiver français – « Monsieur ! » -
sans bonhomme de neige, sinon ce n'est plus la France. C'est une tradition
républicaine, d'ailleurs Clémenceau en parle dans ses mémoires ! Et puis,
accepter cela chez nous c'est comme accepter que les terroristes islamistes
détruisent les tombeaux des saints au Mali parce qu'ils les considèrent comme
des idoles ? Aujourd'hui, ils décapitent les bonhomme de neige, bientôt,
ils couperont des mains car ils veulent imposer la charia...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Les Identitaires, jamais en retard d'une action à la con, publieraient
des images sur internet où on les verraient construire des bonshommes de neige
devant des mosquées avec des yeux en saucisson et un chapeau en jambon blanc,
tout en buvant du vin chaud... Hugues Lagrange donnerait un interview à
&lt;em&gt;Marianne&lt;/em&gt; pour expliquer que cette hécatombe de bonshommes de neige
avait pour cause le modèle familial « Sahélien » musulman : la
famille est patriarcale, souvent polygame, les femmes sont dépendantes et la
progéniture nombreuse, les mères sont débordées et les pères absents, tout cela
entraîne l’inconduite des fils qui s'en prennent à ces bonshommes de neige
symboles de l'entente parents-enfants des familles chrétiennes françaises qui
elles marchent si bien...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Mais, en vrai, pourquoi ont-ils fait ça ? Alors oui, ce sont des
gamins Arabes, Noirs, Blancs de prolos, et ils ont du mal à nous voir autrement
que comme des petits-bourgeois Blancs qui ont occupé leur aire de jeu... Comme
nous-même, nous avons eu du mal à ne pas frissonner, de peur du conflit quand
ils sont arrivés. Finalement, le principe de la bataille de boule de neige
comme prisme de nos luttes s'appliquerait encore : un renversement de la
suprématie blanche par des mioches de 8-10 ans ? Je devine déjà certains
de mes amis me donner cette explication...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Mais ce sont aussi des gamins de 8-10 ans, à un âge où on roule des
mécaniques. Quel que soit le milieu, on cherche les limites, celles des
adultes, celles des copains avec qui on se bagarre. Quand on est à St Jean de
Passy, on fait ça avec les Scouts de France, en se perdant dans une explo et se
castagnant avec Charles-André. C'est l'âge des prises de risque quand on monte
dans les arbres et on fauche au supermarché du coin. Et puis sans doute
beaucoup d'autres choses. Quelle avait été la dynamique du groupe dans les
heures précédentes ? Les « durs » avaient-ils à prendre une
revanche sur les « cools » ? Plein d'autres choses que nous
saurions si nous les connaissions mieux, si nous discutions avec eux, avec les
associations, l'équipe d'éducs du quartier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Le sociologue Saïd Bouama nous expliquait il y a une semaine lors
d'une formation que je co-animais pour la CIMADE que les racismes sont d'abord
des analyses essentialistes : réduire une situation complexe à un seul
facteur lié à une essence. Ramener la femme à l'instinct maternel. Mehra à son
islam. Ramener ces gamins à leur couleur de peau, à leur religion supposée...
et eux mêmes, jouent cela, à force qu'on les y renvoie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Mais, quand même, même autour d'une bataille de boule de neige, elle
n'est pas facile l'alliance de classe... Allez, on a été triste de voir notre
bonhomme de neige massacré. Mais on a bien rigolé...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Demain, dernier billet : Des différentes manières de faire des
bonshommes de neige comme des façons de réfléchir, et de la neige comme objet
technique.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span&gt;La chouette image de Pascal Colrat : &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://pascalcolrat.canalblog.com/&quot; class=&quot;external&quot; rel=&quot;_blank&quot;&gt;http://pascalcolrat.canalblog.com/&lt;/a&gt; &lt;img src=&quot;http://p2.storage.canalblog.com/28/12/715266/83003301.jpg&quot; alt=&quot;83003301.jpg&quot; class=&quot;external&quot; height=&quot;800&quot; width=&quot;506&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Femen : une répétition d'Act Up en farce sexiste et islamophobe</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2013/03/16/Femen-%3A-une-r%C3%A9p%C3%A9tition-d-Act-Up-en-farce-sexiste-et-islamophobe</link>
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    <pubDate>Sat, 16 Mar 2013 09:41:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>théologie et genres</category>
        <category>Immigration</category><category>Islam</category><category>Un homme cest comme ça !</category><category>Une femme cest comme ça</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Publié le 18 février 2013 sur Médiapart.&lt;/strong&gt; Les Femen ne
méritaient pas les coups. L'action n'est pas illégale, puisqu'elles n'ont pas
interrompu un office. Si ça avait été le cas, j'aurais quand même défendu
leur droit de le faire, au nom de ce que j'appellerai &amp;quot;droit de transgression
raisonnable&amp;quot;, qui met la liberté d'expression au-dessous du droit de roupiller
dans un office. Quand on commence comme ça, c'est qu'on dit son non-soutien
après. Pourquoi ? J'ai soutenu et je soutiens toujours l'action d'Act Up
du 5 juin 2005 Paris, la célébration d'un mariage entre deux femmes à
Notre-Dame, qui fut dénoncée par le recteur de la Cathédrale comme une...
parodie.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Publié le 18 février 2013 sur Médiapart.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;Les Femen ne méritaient pas les coups. L'action n'est pas illégale,
puisqu'elles n'ont pas interrompu un office. Si ça avait été le cas, j'aurais
quand même défendu leur droit de le faire, au nom de ce que j'appellerai
&amp;quot;droit de transgression raisonnable&amp;quot;, qui met la liberté d'expression
au-dessous du droit de roupiller dans un office. Quand on commence comme ça,
c'est qu'on dit son non-soutien après. Pourquoi ? J'ai soutenu et je
soutiens toujours l'action d'Act Up du 5 juin 2005 Paris, la célébration d'un
mariage entre deux femmes à Notre-Dame, qui fut dénoncée par le recteur de la
Cathédrale comme une... parodie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont des points communs qui rendrait celle des Femen sympathique. Tout
est dans le conditionnel bien sûr, et je vais dire pourquoi je ne la trouve pas
sympathique du tout. Flash back et partage de connaissance de l'histoire
politique des minorités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début des années 90 naît Queer Nation, groupe issu d’Act Up. Il fait
comprendre le terme Queer comme une alliance militante de toutes les minorités
opprimées. Pour Queer Nation, il s’agit de mettre en évidence le fait que les
normes hétérosexuelles sont omniprésentes dans l’espace public, y compris dans
des espaces où la sexualité n’est a priori pas en jeu, comme les grands
magasins le samedi après-midi. Ils se contentent de se comporter tout
« naturellement » (s’embrasser, se tenir la main) comme ils le
feraient dans des lieux gays ou lesbiens, comme le font les couples
hétérosexuels dans ces lieux-là, provoquant protestations des hétérosexuels
présents et interventions musclées des vigiles. &lt;em&gt;« Le malaise et les
réactions provoqués mettent en évidence l’énergie dépensée par la communauté
normale pour préserver son espace, consolider et surveiller ses enceintes en
tenant à distance les formes polymorphes de sexualité (1). »&lt;/em&gt; La
théologienne Elizabeth Stuart commente ainsi ces actions : &lt;em&gt;« Les
chrétiens queer sont appelés à vivre le Règne de Dieu dans une action
transgressive, faire entrer Dieu dans l’espace homophobe afin de le détruire
(2). »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le théologien Goss, qui fut membre de Queer Nation, insiste en effet sur le
thème très juif de la Basileia, du Royaume, du Règne dans la prédication de
Jésus, identifié au Royaume de ceux qui sont aujourd’hui opprimés, ceux
auxquels s’identifiait Jésus. Figure de la révolte des exclus, il est pour Goss
le militant des pratiques transgressives. Le paradigme en est pour lui la scène
où il chasse les marchands du temple – rebaptisée par Goss “Stop the temple
action”. Les chrétiens queer, pour lui, à leur tour, seront amenés à revivre et
reconfigurer cette action de Jésus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, Act Up New York lance la campagne “Stop the church” en interrompant
une messe à la cathédrale Saint-Patrick, célébrée par le Cardinal Patrick
O’Connor, connu pour ses positions hostiles à l’homosexualité et à la promotion
du préservatif. « L’action de Jésus [contre les marchands du temple] est
le modèle pour l’action transgressive “Stop the church” de la cathédrale
Saint-Patrick qui valut à Act Up d’être accusée de sacrilège. L’action “Stop
the church”, comme la manifestation de Jésus, violait l’espace sacré,
transgressa le rituel sacré, et offensa des sensibilités (…) Comme au temps de
Jésus, l’espace sacré est devenu un espace d’oppression, oppressif avec les
personnes vivant avec l’infection du sida, pour les femmes tant lesbiennes
qu’hétéros, pour les hommes gays. Où est le réel sacrilège ? […] Ils ont
été accusés de mépris contre le sacré. Leur mépris pour le sacré est comme le
théâtre messianique de Jésus dans le temple : c’est, en réalité, un
profond hommage pour un sacré basé sur un Dieu faisant la Justice
(3) »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce que fit Act Up : ils ne firent que ce que font des
centaines de couples chaque année des couples à Notre-Dame et avec une économie
de geste. Par les réactions provoquées, ils rendirent visible le caractère
oppressif de ce lieu et la violence nécessaire pour faire tenir dans la plupart
des églises l'ordre hétérosexiste. Si les Femen avaient cette finesse, elles se
seraient contentées d'aller prier - seins nus - pour les victimes de Benoit XVI
et pour tous les mariés de l'an 2013. Ainsi, elles auraient rejoint un autre
point fort de l'action initiale d'Act Up : la parodie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Goss cite un autre type d’actions qui nous font entrer dans le
deuxième sens du terme Queer, celui de la subversion des identités de genre par
la parodie, comprise dans un sens particulier. « Les chrétiens queer
devraient organiser des célébrations et des bénédictions ­d’union de même sexe
sur les marches des cathédrales et temples des principales dénominations
protestantes pour accroître la visibilité de leurs relations et l’échec
ecclésial à les reconnaître. Queer Nation Boston a récemment performé une telle
action prophétique, quand une douzaine de couples gays et lesbien ont échangé
des vœux de consentement sur les marches la cathédrale de la Sainte-Croix.
C’était une prophétique déclaration de colère contre les actions de lobbying du
cardinal Law pour faire échouer le Boston’s Family Protection Act, qui devait
étendre la protection des assurances aux conjoints dans les couples de même
sexe. […] L’archidiocèse catholique condamna Queer Nation pour son intention de
parodier et de ridiculiser le mariage (4). »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Parodie » pour la féministe Linda Hutcheon, « actes
corporels subversifs » ou « performance » pour la philosophe
Judith Butler, « répétition avec une différence critique » pour
Elizabeth Stuart, ces termes recouvrent peu ou prou la même idée, au centre de
la théorie queer dans son second sens. Il s'agit de prendre une identité
(homme, femme...), une institution (le mariage...), un geste (la
cène/eucharistie), de la répéter mais en changeant un petite chose :
répétition avec une différence, critique au sens où cela met en question
certains aspects problématique de ce qui est répété, et où cette petite
différence change quelque chose sur le fond (comme on dit « point
critique »). Pour Elizabeth Stuart, le paradigme en est ce que fait Jésus
de la Cène : une institution juive (un repas de Pâques), dont il fait
autre chose, que reprend en la déplaçant, et ainsi de suite des générations de
chrétiens après lui. Pour Judith Butler, dans sa critique de la naturalité des
identités hommes-femmes, c'est la Drag-queen qui rend visible cette parodie
nécessaire : « La parodie du genre révèle que l’identité originale à
partir de laquelle le genre se construit est une imitation sans original. Plus
précisément, on a affaire à une production dont l’un des effets consiste à se
faire passer pour une imitation. »(5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Femen n'est queer ni dans le premier sens, ni dans le second. Pas dans
le premier, celui de l'alliance des minorités car leur première action consista
à s'en prendre gratuitement à une autre minorité, les musulmans de la Goutte
d'or (leurs slogans visaient les musulmans en général), qui n'avaient rien
demandé, à qui on ne pouvait rien reprocher de précis et quelques mois à peine
après que les Identitaires aient tenté d'organiser un apéro-saucisson pinard
avec les mêmes a priori essentialistes et généralisant sur les musulmans. La
grande leçon que j'ai tiré dans les années 1990 du refus de débattre de
l'écologiste Alain Lipietz avec Alain de Benoist, chantre de la &amp;quot;nouvelle
(extrême) droite&amp;quot; ethno-différencialiste c'est qu'il ne faut pas discuter
environnement et décroissance avec lui pour savoir si on a des accords. Mais
immigration et identité de la France. On sait alors si sa critique de la
modernité tombe du côté du fascisme ou de l'émancipation. C'est pareil pour les
Femen ou les Indigènes de la République. Avec les premières, il faut parler
islam et avec les seconds, d'homosexualité. Et vous verrez de quel côté ils
tombent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Femen ne sont pas Queer non plus dans le second sens, car elles ne
remettent pas en cause les identités sexuelles. Elles ne défendent pas &amp;quot;les
femmes&amp;quot; comme groupe social en lutte pour ses droits mais &amp;quot;La-Femme&amp;quot; comme
l'écrivait avec majuscule et tirets Monique Wittig : une identité
essentialisée, existant de tout temps à jamais, collée à la norme. Les seins
nus (telles qu'elles l'utilisent, c'était différent pour les féministes des
années 70) en sont le symbole : appâts sexuels et nourriture pour bébé, la
putain et la maman, les deux figures de la femme dans la configuration sexuelle
moderne comme le montre Michel Foucault dans son histoire de la sexualité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème n'est pas qu'elles ne soient pas Queer. Mais qu'en montrant
qu'elles ne sont pas Queer et pas Act Up, on aperçoit alors qu'elles sont
réactionnaires. Et pas mal ridicules. Marx écrivait à propos du coup d'Etat du
futur Napoléon III en 1851, répétant (avec une différence critique, mais pas
créatrice celle-là !) le coup d'État du neveu Napoléon Bonaparte :
&amp;quot;Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et
personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié
d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.
Caussidière pour Danton, Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848 à
1851 pour la Montagne de 1793 à 1795, le neveu pour l'oncle.&amp;quot;(6) Et Femen pour
Act Up. Mais cette farce ne me fait pas rire, car elle est islamophobe et
finalement, sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lespantheresroses.org/textes/Tomilillo.html&quot; class=&quot;external&quot; rel=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.lespantheresroses.org/textes/Tomilillo.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Elizabeth Stuart, Gay and lesbian theologies, op. cit., p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Robert GOSS, Jesus Acted Up, San Francisco, Harper San Francisco, 1993,
pp. 147- p. 150&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) ibid., p. 151-152&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Judith Butler, Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de
l’identité, La Découverte, 2006 (1re éd. française : 2005 ; éd.
originale : 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) extrait de &amp;quot;Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte&amp;quot;. Je ne suis pas
d'accord pour Louis Blanc !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2013/03/16/Femen-%3A-une-r%C3%A9p%C3%A9tition-d-Act-Up-en-farce-sexiste-et-islamophobe#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>&quot;Mariage pour tous&quot; et déception pour de bon</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/%22Mariage-pour-tous%22-et-d%C3%A9ception-pour-de-bon</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Dec 2012 09:21:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Chroniques Hollandaises</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Paru dans &amp;quot;Cerises&amp;quot;, journal des communistes unitaires (FASE/Front de
gauche) du 14 décembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjonction de l'affaire de Florange et du débat sur la fin des
discriminations en matière de mariage est cruelle pour le projet idéologique du
Parti socialiste.&amp;quot;Florange&amp;quot; confirme, s'il le fallait encore (remember 1983),
qu'au pied du mur de la finance, ce parti ni ne l'affronte, ni ne sait imaginer
des alternatives.&lt;/p&gt;    &lt;div id=&quot;bloggPostInner&quot; class=&quot;node-inner&quot;&gt;Malgré un portefeuille à l'économie
sociale et solidaire pour le leader bien silencieux de la gauche du PS, pas
d'invention de nouveaux outils pour favoriser les modes de propriété sociale.
La loi obligeant un industriel qui se désengage d'un site à le revendre en cas
de repreneur a été donnée en scalp à Parisot.
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;On pouvait espérer le voir se rattraper sur des dossiers où il n'a pas les
mauvaises excuses de la contrainte extérieure, de la concurrence
internationale, etc., les &amp;quot;nouvelles&amp;quot; (depuis les années 60 !)
questions : l'écologie ou les discriminations. Même pas. Par exemple, sur
le droit au mariage, avant même que les opposants se mobilisent, le
gouvernement était revenu sur une partie des promesses du candidat
Hollande : ni procréation médicalement assistée, ni statut des
beaux-parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'on pouvait au moins espérer que le PS soit honnêtement
social-démocrate, un &amp;quot;bon vieux parti de gauche&amp;quot;, il garde le pire de cette
expression. Plus de gauche sur le terrain économique et n'a ni assez de courage
ni d'imagination pour le redevenir. Mais il reste un &amp;quot;bon vieux parti de
gauche&amp;quot; en ce qu'il n'accorde que peu d'importance aux questions de société,
qu'il n'a aucun discours politique sur le sujet. Aucun discours sur la remise
en cause des normes du genre, des restes du modèle familial patriarcal, du
croisement des dominations – de genre, de race, de classe, liées au handicap,
etc. Ce faisant, il laisse un boulevard à des opposants qui présentent, eux,
une conception claire de la société. Le PS continue à considérer ces questions
comme des &amp;quot;fronts secondaires&amp;quot;, de peu d'importance face au &amp;quot;front principal&amp;quot;
que serait la lutte des classes... sauf qu'il ne mène plus la lutte des
classes. Le projet idéologique du Parti socialiste apparaît pour ce qu'il
est : un couteau sans manche dont on aurait perdu la lame...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.cerisesenligne.fr/search/?q=author:881&quot; class=&quot;external&quot; rel=&quot;_blank&quot;&gt;Stéphane Lavignotte&lt;/a&gt;, 14 décembre 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/%22Mariage-pour-tous%22-et-d%C3%A9ception-pour-de-bon#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Beaucoup regardent, très peu voient, encore moins rencontrent.</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Beaucoup-regardent%2C-tr%C3%A8s-peu-voient%2C-encore-moins-rencontrent.</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Dec 2012 09:20:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Etudes post-coloniales</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Publié le &lt;span class=&quot;date_article&quot;&gt;4 décembre 2012&lt;/span&gt; sur
Médiapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'était ce matin sur France-Inter. Le journaliste se lance dans une longue
tirade : ces matières que les enseignants ne peuvent plus enseigner à
l'école, et de citer pêle-mêle, les croisades, la colonisation, la sexualité,
l'Islam... On a du mal à enseigner les valeurs de la République... Après un
laïus qui n'en finit pas, il dit enfin de quoi il parle : une pleine page
dans Le Figaro. Ah, on comprend, c'est une référence qu'il fait sienne. Bon,
c'est la nouvelle ligne de France-Inter : la gauche est au pouvoir, on
fait plus de place à la droite. Mais au milieu de tout ça, un extrait du film
&amp;quot;Entre les murs&amp;quot;, carrément sorti de son contexte.&lt;/p&gt;    &lt;div id=&quot;bloggPostInner&quot; class=&quot;node-inner&quot;&gt;C'était ce matin sur France-Inter.
Le journaliste se lance dans une longue tirade : ces matières que les
enseignants ne peuvent plus enseigner à l'école, et de citer pêle-mêle, les
croisades, la colonisation, la sexualité, l'Islam... On a du mal à enseigner
les valeurs de la République... Après un laïus qui n'en finit pas, il dit enfin
de quoi il parle : une pleine page dans Le Figaro. Ah, on comprend, c'est
une référence qu'il fait sienne. Bon, c'est la nouvelle ligne de
France-Inter : la gauche est au pouvoir, on fait plus de place à la
droite. Mais au milieu de tout ça, un extrait du film &amp;quot;Entre les murs&amp;quot;,
carrément sorti de son contexte. Les élèves contestent que l'enseignant utilise
toujours pour ses exemples des noms de &amp;quot;babtous&amp;quot;, de blancs, et jamais les
prénoms que portent les élèves dans sa classe : Bintou, Fatoumata... Il
répond qu'il ne va pas donner des prénoms en fonction des origines des élèves.
Un échange a lieu sur le fait que l'élève comme le professeur sont tous les
deux français et aucun des deux fier de l'être. Et bien moi, à écouter
France-Inter ce matin, je ne le suis pas non plus. Je suis fatigué d'être
français, blanc (et souvent aussi mec et hétéro).
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;Fatigué de cette impression de toujours la même chose. Toujours renvoyer une
partie de la population à sa supposée étrangeté. L'extrait d' &amp;quot;Entre les murs&amp;quot;
est en cela intéressant qu'il renverse les choses. Le professeur renvoie les
élèves à leurs origines, mais en même temps demande à l'une d'elle si elle est
française. Elle répond que oui, mais qu'elle n'en est pas fier. Bintou,
Fatoumata, ce sont des prénoms de français d'aujourd'hui, et même sans doute
d'hier. Autant qu'Erwan, Guilhem ou Hans. Des noms d'origines bretonne,
occitane, alsacienne, africaines, devenus français. Comment être fiers d'être
français quand vos prénoms n'ont pas leur place dans le savoir de l'institution
du savoir français ? Comment se sentir fier d'être français quand très
souvent, le blanc de service parce que vous êtes noir ou arabe vous demande,
plein de sollicitude, de quel pays vous venez ? Bin de Rennes... Quand
dans un restaurant le serveur dit à la femme noire qui est en face de vous -
sans rien savoir de son histoire - au lieu de lui demander si elle veut sa
viande bleu, saignante ou à point : &amp;quot;Ah moi je sais comment LES africains
mangent leur viande&amp;quot; ! Et des anecdotes comme cela, les noirs et les
arabes en ont des kilos...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quelque chose qu'a dit Maboula Soumahoro, professeure en civilisation
américaine à l’Université de Tours, le 14 novembre dans notre Commune du
Christianisme social et qui m'a frappé : arrêtez de regarder les noirs et
les arabes comme des étrangers. C'est vraiment un regard. Quand je regarde un
noir ou un arabe, est-ce que je me dis : &amp;quot;Il vient d'ailleurs&amp;quot; (même pour
me dire : &amp;quot;Ah c'est chouette le mélange du monde&amp;quot;). Ou je me dis :
rien. Ou je me dis : il a de jolies chaussures. Ou : il a  l'air
fatigué. Et ça, je ne l'avais jamais réalisé avant. Y compris avec ma bonne
conscience de blanc qui dit que &amp;quot;l'immigration est une chance pour la France&amp;quot;,
oui, je continuais à regarder les noirs et les arabes comme des &amp;quot;venus
d'ailleurs&amp;quot;, et pas comme des noirs et arabes d'ici. Je disais comme tout le
monde : &amp;quot;immigré de la deuxième génération&amp;quot;. Aux Etats-Unis, on dit
&amp;quot;première génération d'américain&amp;quot;. Et j'ai pensé à d'autres expériences vécues
ces dernières années.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant sur les questions LGBT, je connais et travaille avec des personnes
transgenres. Et pendant longtemps, je les regardais en me disant : &amp;quot;Est-ce
qu'ils/elles ont l'air d'homme ou de femme ?&amp;quot;. Je regardais les détails de
leur visage, de leur silhouette pour me demander si c'était &amp;quot;convaincant&amp;quot;. Je
le faisais sans y penser, ça venait comme ça. Inconsciemment, je crois que
j'avais besoin de vérifier qu'elles ou ils rentraient dans mes cases d'évidence
de genre. Et puis un jour, j'ai réalisé combien c'était bête. J'ai commencé à
regarder des &lt;em&gt;personnes&lt;/em&gt;, qui avait &lt;em&gt;leur&lt;/em&gt; identité
&lt;em&gt;propre&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;unique&lt;/em&gt;, rentrant ou pas dans les cases du genre, je
m'en fichais. Ce qui ne veut pas dire que j'ignore qu'elles ou ils sont
victimes de discriminations spécifiques face auxquelles je leur apporte mon
soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cinq ans, je vais plus souvent à des spectacles avec des comédiens,
acteurs, chanteurs en situation de handicap. Lors du Mois extraordinaire du
handicap organisé par la Mairie de Paris et qui vient de se terminer, j'ai
assisté notamment à des concerts, des spectacle de danse, de chant organisés
par l'ESAT artistique des Turbulents (&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.turbulences.eu/&quot; class=&quot;external&quot; rel=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.turbulences.eu/&lt;/a&gt;). Et pareil. Au début je regardais en
me disant : &amp;quot;Lequel est handicapé ? Lequel ne l'est pas ? Est-ce
que ces gestes, sa voix, sont ceux du handicap ou de lui ?&amp;quot;. Rapidement,
je me suis aperçu, que cette réaction - la même que celle face aux personnes
transgenres, ou aux arabes ou aux noirs - m'empéchait de voir. De voir le
spectacle. De voir les personnes singulières. Je voulais tellement remettre
dans les cases, que je ne me laissais pas toucher par le spectacle. Alors, j'ai
arrêté. J'ai regardé. J'ai tapé du pied et hurlé comme dans n'importe quel
(bon) concert quand le groove des Turbulents et de Fantazio a secoué le Lavoir
Moderne Parisien. J'ai été ému des pas de danses dans le châpiteau lors du
spectacle de fin de chantier. J'ai eu les larmes aux yeux en écoutant La butte
Rouge chanté par une chorale à la cérémonie de clotûre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Nous sommes, je suis prisonnier d'une norme de la norme. La norme, et là, je
n'invente rien, je cite Canguilhem, &lt;em&gt;&amp;quot;le normal et le pathologique&amp;quot;&lt;/em&gt;, on
l'entend souvent comme une moyenne ou un idéal. Etre dans la norme, c'est être
comme la moyenne, ou comme un idéal décidé par les dominants. Canguilhem dit
que le vivant biologique ne fonctionne pas comme ça. Ce n'est pas parce qu'une
forme vivante est la plus répandue ou la plus forte qu'elle survivra forcément.
Elle survivra si elle sait s'adapter, dépasser les obstacles. Ainsi, une forme
de vie aujourd'hui minoritaire peut devenir majoritaire demain, parce qu'elle
aura su s'adapter aux obstacles. Il propose d'entendre la norme comme une
normativité : la capacité à produire des normes de vies qui permettent de
dépasser les obstacles. Si je me souviens bien, le philosophe Guillaume Le
Blanc à sa suite parle de normes qui permettent d'aimer et de travailler. Des
normes qui produisent une diversité d'allures de vie. L'important est que
chacun trouve son allure de vie et que la société soit accueillante à cette
diversité d'allures de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette référence s'applique sans doute mieux à la question des personnes
transgenres et en situation de handicap qu'aux personnes noires ou arabes.
Parce que le problème de ces dernières, c'est plutôt l'attitude à leur égard de
nous, les blancs. Le lien est que pour nous, les &amp;quot;majoritaires&amp;quot;, nous les
regardons de la même manière les uns et les autres. En voulant les faire
rentrer dans notre vision de la norme : moyenne et idéal (blanche, blanc,
hétéro-normée, soi-disant valide). Bien sûr, parce que ça nous donne un pouvoir
sur eux, les maintenir à l'écart pour qu'ils ne rentrent pas en concurrence
avec nous dans les emplois, les logements etc. Parce que ça permet de mettre à
distance nos propres doutes sur notre handicap ou notre genre. Bref, cette
vision de la norme, nous assure notre place. Mais en même temps, elle la
sabote, parce qu'on ne vit pas longtemps en société en maintenant des gens dans
un ghetto, dans des cases où ils étouffent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, j'éduque ma façon de regarder. Je change de lunettes. J'essaie de
chasser la machine à norme quand elle tente de reprendre le dessus. Je tente de
ne plus seulement voir mais regarder, rencontrer, l'individu en face de moi, le
spectacle en face de moi, le concert qui se déroule. J'apprécie le caractère
unique de l'allure de vie qui se présente à moi et je me réjouis de voir
quelqu'un d'unique, même s'il a des points communs avec bien des gens, dont
moi. &amp;quot;Et si on se rencontrait vraiment&amp;quot; était le thème cette année du Mois
extraordinaire du handicap. Je ne sais pas si ce sont les valeurs de la
République - qu'est-ce que vous voulez, j'ai du mal à oublier les langues
régionales éradiquées et les peuples colonisés massacrés... - mais en tout cas
pour moi, ce sont celles de l'Evangile et de l'humanisme. Et c'est tellement
plus vivant...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Beaucoup-regardent%2C-tr%C3%A8s-peu-voient%2C-encore-moins-rencontrent.#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Notre réponse au chantage à la dette : un dessin-(pour)-animé(r) sourires, réflexions et luttes !</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Notre-r%C3%A9ponse-au-chantage-%C3%A0-la-dette-%3A-un-dessin-%28pour%29-anim%C3%A9%28r%29-sourires%2C-r%C3%A9flexions-et-luttes-%21</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Dec 2012 09:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Economique et social</category>
            
    <description>    Un film publié en décembre 2011.
http://www.dailymotion.com/video/xmv5ob_la-dette-c-est-chouette_creation
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par : Joris Clerté, Clémentine Autain, Cédric Durand, Razmig
Keucheyan et Stéphane Lavignotte.&lt;/strong&gt; Comme lors du référendum de 2005 sur
le TCE, la machine à chantage est de retrour : avalez notre potion libérale ou
c'est la fin du monde ! A l'époque, nous avons répondu collectivement en
produisant nos propres outils de savoir pour répondre au mattraquage médiatique
par la discussion fraternelle de personne à personne et la mobilisation
collective. Et nous avons gagné le référendum. Aujourd'hui, avec ce film nous
ajoutons notre pierre au mouvement qui se dessine de la même façon pour refuser
l'austérité perpetuelle et la tranquilité pour ceux qui pillent nos richesses
et celles de la planète. Gauche du Front de gauche, ce film est aussi un
soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites le tourner ! Il sera bientôt disponible sur un DVD que prépare le
mensuel Régard sur le thème de la dette.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Notre-r%C3%A9ponse-au-chantage-%C3%A0-la-dette-%3A-un-dessin-%28pour%29-anim%C3%A9%28r%29-sourires%2C-r%C3%A9flexions-et-luttes-%21#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Incident à l'Assemblée : le tabou levé par Serge Letchimy</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Incident-%C3%A0-l-Assembl%C3%A9e-%3A-le-tabou-lev%C3%A9-par-Serge-Letchimy</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Dec 2012 09:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Etudes post-coloniales</category>
        <category>Césaire</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Véronique DUBARRY&lt;/strong&gt; est adjointe écologiste au maire de
Paris, en charge des personnes en situation de handicap. &lt;strong&gt;Stéphane
LAVIGNOTTE&lt;/strong&gt; est militant écologiste, pasteur, directeur d'une maison de
quartier.  Paru initialement le 9 février sur Libération.fr&lt;/p&gt;    &lt;div id=&quot;bloggPostInner&quot; class=&quot;node-inner&quot;&gt;D'une polémique politicienne
peut-il sortir un saut pour la pensée politique collective? On a réduit
l'intervention de Serge Letchimy à la maladresse d'un député se laissant piéger
par une provocation. Il faut au contraire entendre, déplier, réfléchir à la
phrase qui a provoqué la sortie du gouvernement de l'Assemblée nationale.
&lt;em&gt;«Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont
donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet
esclavagiste et coloniale.»&lt;/em&gt;
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase est le concentré puissant d'une problématique quasi-ignorée du
débat politique général dont elle est pourtant le nœud caché: la place de
l'idéologie coloniale dans l'apparition du nazisme et ses conséquences
aujourd'hui. Serge Letchimy connaît très bien cette problématique parce qu'elle
est au cœur du &lt;em&gt;Discours sur le colonialisme&lt;/em&gt; d'Aimé Césaire en 1950,
son prédecesseur à la mairie de Fort-de-France et celui dont il revendique
l'héritage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'apporte cette vision anticoloniale de la Shoah inaugurée par
Césaire ? A raison, on a décrit le nazisme comme un summum de barbarie.
Summum, on l'a aussi imaginé exception, qui arriverait de nulle part dans la
civiliation européenne. Au mieux, comme la victoire d'un courant minoritaire –
l'extrême droite – en raison du contexte (la crise économique) ou l'effraction
(le coup d'Etat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que pointe Aimé Césaire dans le discours sur le colonialisme et récemment
l'historien spécialiste de la Shoah, Enzo Traverso, dans &lt;em&gt;La violence
nazie,&lt;/em&gt; ce sont au contraire les éléments de continuïté entre l'histoire de
l'Europe comme civilisation et le nazisme. Son enfantement, non pas seulement
des entrailles d'une minorité illégitime et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la phrase de Serge Letchimy a choqué, c'est peut-être aussi parce qu'elle
lève ce premier tabou: sommes-nous capable de l'entendre ? Avons-nous le
courage, blancs, Occidentaux, de répondre à l'invitation de Césaire de traquer
ce démon?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question sur le passé est aussi valable pour le présent: le démon n'a
pas été expulsé. Comment ne pas voir que c'est faute de l'avoir pris au sérieux
que des Sarkozy et Guéant peuvent continuer leur politique contre les roms, les
musulmans, les noirs, les Arabes, les habitants des quartiers populaires? Qu'en
ne ne pensant pas le nazisme dans le temps long de l'histoire européenne, on ne
voit pas que la société laisse se réinstaller un racisme systémique qui
transforme – comment dans le système colonial – une partie de la population en
indigènes, citoyens à part?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette question est aussi pour la gauche: faute d'avoir osé rouvrir ce
compromis de la III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; République qui a monnayé l'intégration ouvrière
contre la création de l' &lt;em&gt;«étranger»&lt;/em&gt; comme ennemi (y compris l'étranger
de l'intérieur qui s'exprime dans une autre langue que le français), la gauche
n'a pas soldé la part coloniale de sa pensée et échoue à penser la place des
musulmans, des noirs, des Arabes mais aussi des cultures régionales, voire des
personnes en situation de handicap, dans sa conception de la France. A force
d'avoir reculé devant l'obstacle politique, théorique, spirituel et pratique de
l'héritage colonial, nous avons laissé se substituer un clivage racial au
clivage social: il est urgent d'entendre ce que disaient hier Fanon et Césaire,
ce que disent aujourd'hui Letchimy, Traverso ou les Indigènes de la
République.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2012/12/28/Incident-%C3%A0-l-Assembl%C3%A9e-%3A-le-tabou-lev%C3%A9-par-Serge-Letchimy#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Pour la théorie du genre dans les manuels scolaires</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/10/16/Pour-la-th%C3%A9orie-du-genre-dans-les-manuels-scolaires</link>
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    <pubDate>Sun, 16 Oct 2011 22:52:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Gender studies</category>
        <category>Butler</category><category>Un homme cest comme ça !</category><category>Une femme cest comme ça</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ce texte est paru dans Réforme &lt;span class=&quot;st&quot;&gt;n° 3433 - 29 septembre
2011.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    Il est étonnant de constater combien certaines portes ouvertes font encore du
bruit quand on les enfonce. La question du « genre » est l'une
d'entre elles. Apparu dans les années 60 aux Etats-Unis, ce terme désigne la
part sociale de notre identité sexuelle. La biologie nous définit comme être
sexué mais n'explique pas tout : l'éducation, l'interaction sociale, les
représentations collectives, nos histoires personnelles, nos volontés de nous
soumettre ou pas à tout cela, entrent fortement en jeu dans nos façons d'être
homme, femme, homosexuel, hétérosexuel... Les manuels de « Science et vie
de la terre » incriminés par une partie des catholiques et par
l'extrême-droite de l'UMP ne disent pas autre chose que cela.
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;La théorie du genre, en plein développement dans
les sciences sociales depuis les années 90, ne fait qu'appliquer tardivement
aux questions d'identité sexuelle ce qui est apparu depuis longtemps évident
ailleurs : n'oublions pas qu'au XIXe siècle, le tout biologique était la
justification des inégalités entre races et entre classes sociales. La théorie
du genre dit-elle pour autant que le biologique n'aurait plus aucune influence
? Qu'il n'y aurait pas « au fond » d'hommes et de femmes, que ces
différences n'auraient d'origines que sociales ? Certains courants radicaux
intellectuels ou militants qui s'en réclament vont jusque-là, et la phrase de
Simone de Beauvoir selon laquelle « on ne nait pas femme, on le
devient » le laisse à penser. Mais bien des scientifiques utilisent ce
concept sans aller aussi loin : ce n'est pas parce qu'on reconnaît qu'il existe
un capital qu'on est forcément anticapitaliste ! Dans tous les cas, l'intérêt
de ces courants est de poser des questions qui dérangent nos évidences.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Un seul exemple : hommes et femmes ont des
différences de morphologie. On pourrait se dire que cette différence est
uniquement biologique, or, il a été démontré que ces différences ont évolué au
cours des siècles en fonction de la répartition sociale des rôles : dans des
sociétés où cette répartition est plus égale, les corps sont moins
différenciés. Le biologique est donc construit par le social. Mais en partie,
ou totalement ? En dehors de la différence des rôles dans la reproduction, plus
les recherches avancent, plus les différences qu'on attribuait hier à la
biologie le sont aujourd'hui au social : qui imaginerait encore que c'est pour
des raisons biologiques que la répartition des tâches est inégale dans les
foyers ou que les femmes sont si peu nombreuses dans les assemblées politiques
? Plus dérangeant : l'instinct maternel est-il « naturel » ou
construit socialement ? Ce que pointe la théorie du genre, c'est que loin
d'être des essences éternelles et immuables, les identités sexuelles ont une
histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Au bout du compte, c'est peut-être la volonté de
tout rentrer dans des cases, « social » ou « biologique »,
qui est critiquable. L'évolution des espèces est l'exemple d'un processus
biologique fortement emprunt de social : les adaptations nécessaires d'une
espèce en fonction de l'environnement, des autres espèces, des changements
extérieurs... Est-ce un hasard si ce sont en partie les mêmes réseaux qui
remettent en cause la théorie de l'évolution et qui refusent que la théorie du
genre soit enseignée à l'école ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Depuis plusieurs années, l'Eglise catholique
romaine critique la théorie du genre. En 2005, le Conseil pontifical pour la
famille consacrait au « genre » &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal&quot;&gt;35 pages de son «lexique des termes ambigus et
controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques» ; l'année
suivant&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal&quot;&gt;e&lt;/span&gt;, les évêques
français lui emboîtaient le pas dans un numéro spécial de « Documents
épiscopats ». La hiérarchie romaine s'inquiète que cette vision, en
remettant en cause le caractère « naturel » des différences
hommes-femmes, mette fin à l'illégitimité des relations entre personnes de même
sexe et fragilise le modèle familial catholique qui insiste sur une
« complémentarité » entre les sexes... signifiant souvent
l'inégalité. Plus fondamentalement, serait remis en cause ce que les
catholiques appellent la &lt;em&gt;théologie naturelle&lt;/em&gt;, à la suite de Thomas
d'Aquin : un ordre naturel, obligatoire et immuable du monde, ordre voulu par
Dieu auquel le social devrait se plier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Comme protestants, nous ne pouvons voir cette
approche romaine que comme une bizarrerie. Loin d'impliquer une vision immuable
des choses, une théologie naturelle – comme dans la théologie protestante
libérale du Process – ne peut-elle pas signifier un changement permanent du
monde vers des formes diversifiées tendant vers plus de vivant et plus d'amour,
Christ étant la force de changement ? N'est-ce pas glisser vers le paganisme
que de confondre le Tout-Autre avec un certain état de l'espèce humaine à un
moment donné de son évolution et d'attribuer autant d'importance au biologique
par rapport au spirituel ou aux relations humaines ? De la même manière que
l'étonnement saisit toujours un réformé à la vision de ces foules catholiques
adorant un pape, on peut se demander – avec la théologienne anglaise Elizabeth
Stuart – si l'Eglise catholique ne passe pas plus de temps à adorer une famille
et des identités masculines et féminines datées que Christ « en qui il n'y
a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni libre »... ni homme ni
femme...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Stéphane Lavignotte est pasteur à la Mission
populaire évangélique de La Maison Verte (Paris 18e), membre du Carrefour de
chrétiens inclusifs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;A lire :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Stéphane Lavignotte, Au-delà du lesbien et du
mâle (La subversion des identités dans la théologie queer d’Elizabeth Stuart),
Van Dieren éditeur.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/10/16/Pour-la-th%C3%A9orie-du-genre-dans-les-manuels-scolaires#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Débat sur la décroissance à Lasalle le 20 juillet</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/07/20/D%C3%A9bat-sur-la-d%C3%A9croissance-%C3%A0-Lasalle-le-20-juillet</link>
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    <pubDate>Wed, 20 Jul 2011 17:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Agenda</category>
            
    <description>    &lt;img src=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/public/.affiche_Lassale_m.jpg&quot; alt=&quot;affiche_Lassale.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;affiche_Lassale.jpg, juil. 2011&quot; /&gt;
&amp;quot;La décroissance, une conversion de nos modes de vie ?&amp;quot; débat sur la
décroissance le mercredi 20 juillet à 18h au temple de Lasalle invité par
l'Eglise réformée du Val de Salendrinque.</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/07/20/D%C3%A9bat-sur-la-d%C3%A9croissance-%C3%A0-Lasalle-le-20-juillet#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Interventions et débats</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/04/03/Ecologie-et-th%C3%A9ologie-%C3%A0-Montpellier-le-16-avril</link>
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    <pubDate>Sat, 16 Apr 2011 19:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Agenda</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Des débats et conférences à Paris, Lille, Montpellier...&lt;/p&gt;    &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Paris :&lt;br /&gt;
Mardi 5 avril, 20h30. Les enjeux de la question écologique.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;Avec
Stéphane lavignotte, ancien journaliste, pasteur à la Mission populaire de La
Maison Verte (Paris 18e). A l'Oratoire du Louvre 1 rue de l'Oratoire - 75001
Paris, M°Louvre-Rivoli.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Lille :&lt;br /&gt;
Le jeudi 7 avril 2011 à 18h 30&lt;/strong&gt; à&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://culture.univ-lille1.fr/&quot;&gt;&lt;em&gt;l'Espace Culture de Lille 1&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;
par &lt;strong&gt;Stephane Lavignotte&lt;/strong&gt; auteur du livre éponyme Paris Textuel
2010&lt;br /&gt;
(Cité Scientifique - 59655 Villeneuve d’Ascq Métro Cité Scientifique, suivre la
rame de métro aérienne en direction de la BU, l’Espace Culture est sur votre
droite).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Montpellier :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Samedi 16 avril à 17h30.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; Conférence/partage donnée
par Stéphane Lavignotte (Pasteur de la Mission populaire évangélique,
Maison Verte, Paris)  sur le thème : Ecologie et théologie, qui aura lieu
&lt;strong&gt;le&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot; class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT757&quot;&gt;samedi&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;16&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot; class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT758&quot;&gt;avril&lt;/span&gt; à 17h30
au Centre oecuménique de Jacou. Ce partage sera suivi d'un repas tiré du
sac.Organisé par l'Eglise chrétienne oecuménique MCC Montpellier c/oCentre
Oecuménique Jacou 2 rue Jean Sébastien Bach 
&lt;div&gt;terminus du tramway &lt;span class=&quot;Style61&quot;&gt;n° 2&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;span class=&quot;Style61&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT759&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://eglise.mcc.free.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://eglise.mcc.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Paris :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;30 avril 14h : rencontre
avec Serge Moscovici.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Rêvolutives vous invite à redécouvrir la pensée de Serge Moscovici. Psychologue
social, il théorise le rôle des minorités actives comme moteur du changement.
Personnalité engagée, il est candidat du mouvement écolo aux municipales
parisiennes de 1977. Moscovici est aussi l'un des principaux théoriciens
français de l'écologie, creusant la question d'une nature recréée par l'être
humain. Nous aborderons les différents aspects de cette œuvre, avec Pascal
Dibie, anthropologue et éditeur de De la nature (S. Moscovici, 2002), Stéphane
Lavignotte, militant écologiste et théologien, auteur de La décroissance
est-elle souhaitable ? (2010), et Serge Moscovici (sous réserves). &lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT64&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT66&quot;&gt;Samedi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT65&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT67&quot;&gt;30 avril
2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; à 14h, Mairie du 2e arrondissement, 8 rue de la Banque (Mo
Bourse).&lt;br /&gt;
Rêvolutives, groupe de réflexion sur l'écologie politique &lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT68&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Object&quot; id=&quot;OBJ_PREFIX_DWT69&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://revolutives.fr/&quot;&gt;http://revolutives.fr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/04/03/Ecologie-et-th%C3%A9ologie-%C3%A0-Montpellier-le-16-avril#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Débat &quot;la décroissance est-elle souhaitable ?&quot; à Lille</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/01/23/D%C3%A9bat-%22la-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-%C3%A0-Lille</link>
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    <pubDate>Thu, 07 Apr 2011 19:27:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Agenda</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le jeudi 7 avril 2011 à 18h 30&lt;/strong&gt; à&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://culture.univ-lille1.fr/&quot;&gt;&lt;em&gt;l'Espace Culture de Lille 1&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;
par &lt;strong&gt;Stephane Lavignotte&lt;/strong&gt; auteur du livre éponyme Paris Textuel
2010&lt;br /&gt;
(Cité Scientifique - 59655 Villeneuve d’Ascq Métro Cité Scientifique, suivre la
rame de métro aérienne en direction de la BU, l’Espace Culture est sur votre
droite).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ancien journaliste, pasteur à la Mission populaire de La Maison Verte (Paris
18e)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;L'auteur fait une approche critique, politique
et humaniste des objecteurs de décroissance que sont Serge Latouche, Vincent
Cheynet, Paul Aries, Yves Cochet,...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;&lt;a href=&quot;http://www.contretemps.eu/lectures/extraits-decroissance-est-elle-souhaitable-stephane-lavignotte&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.contretemps.eu/lectures/extraits-decroissance-est-elle-souhaitable-stephane-lavignotte&lt;/a&gt;&lt;/ins&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;
&amp;quot;En s'opposant au développement durable concept considéré comme&lt;br /&gt;
récupéré par l'économisme dominant, &lt;strong&gt;la décroissance&lt;/strong&gt; entend
redonner&lt;br /&gt;
une &lt;strong&gt;&amp;quot; nouvelle jeunesse subversive&amp;quot; à l'écologie politique&lt;/strong&gt;
.&lt;br /&gt;
&amp;quot;En agissant à la fois sur les instruments de production (énergie,&lt;br /&gt;
emploi,...) et sur la culture des consommateurs, il s'agit avant&lt;br /&gt;
tout de refuser la société de consommation et le capitalisme qui en&lt;br /&gt;
est le moteur, en leur substituant une &lt;strong&gt;nouvelle conception du&lt;br /&gt;
bonheur&lt;/strong&gt; moins dépendant des richesses naturelles ( gaspillage et&lt;br /&gt;
mésusages) et dès lors centrée sur une &amp;quot; simplicité volontaire&amp;quot; et&lt;br /&gt;
sur des liens sociaux de proximité ( relocalisation).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sympathisant critique de la
décroissance&lt;/strong&gt;, l'auteur présente les débats internes&lt;br /&gt;
au Mouvement, ses atouts et ses risques ainsi que ses rapports avec&lt;br /&gt;
les autres courants de la gauche. Marqueurs d'un héritage de&lt;br /&gt;
problématiques marxiste, l'articulation des questions écologique au&lt;br /&gt;
rapport entre classes sociales ainsi que le modes de participation&lt;br /&gt;
au jeu démocratique sont les thèmes récurrents du livre.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Gilles Bourquin&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Partenariat &lt;strong&gt;CRDTM&lt;/strong&gt; (Centre
Régional De Documentation et d'Informationpour le Développement et la
Solidarité Internationale)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/01/23/D%C3%A9bat-%22la-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-%C3%A0-Lille#comment-form</comments>
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    <title>Bêtisier du débat sur la laïcité (3) : &quot;Ces créneaux de piscine réservés aux femmes sont une atteinte à la laïcité&quot;.</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/03/16/B%C3%AAtisier-de-la-la%C3%AFcit%C3%A9-%283%29-%3A-%22Ces-cr%C3%A9neaux-de-piscine-r%C3%A9serv%C3%A9s-aux-femmes-sont-une-atteinte-%C3%A0-la-la%C3%AFcit%C3%A9%22.</link>
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    <pubDate>Wed, 16 Mar 2011 22:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Actualité</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;panneau.gif, mar. 2011&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/public/panneau.gif&quot; /&gt;Cela
fait aussi partie des trois exemples adorés de Jean-François Copé, mais il
n'est pas le seul à le brandir : horrible atteinte à la laïcité, ces femmes
musulmanes qui réservent des créneaux de piscine pour elles seules, sans la
présence d'homme.&lt;/p&gt;    Celui-là, la droite l'aime bien, puisque c'est Martine Aubry qui aurait eu
cette coupable tolérance dans sa ville de Lille. On découvre à cette occasion
que cette pratique est bien plus courante qu'on ne le croit, signe sans doute
que le plus méchant des islams a gangrené notre société bien au-delà de ce
qu'on croit, et jusques dans nos campagnes catholiques.
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Car cette pratique de séparer les hommes et les
femmes on la trouve partout. Samedi dernier, perdu dans un train en Seine et
Marne, je regardais par la fenêtre et voit, kilomètres après kilomètres, des
terrains de foot (c'est incroyable ce qu'il y en a !) sur lesquels s'égayent
des gamins. Des gamins, pas des gamines. Dans tous les sports, dès le plus
jeune âge, on sépare les enfants : filles d'un côté et garçons de l'autre. Si
les microbes (8 et 9 ans) et les poussins (10 et 11 ans) sont parfois encore
mélangés, dès la tranche d'âge suivante, les benjamins, les équipes sont
non-mixtes. J'ai eu beau chercher un seul sport où cette pratique n'aurait pas
lieu, je n'ai pas trouvé (m'aideras-tu cher lecteur à en trouver un ?).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Cette séparation des sexes est d'ailleurs
violemment gardée : souvenez-vous de la campagne haineuse que subit Caster
Semenya, championne du monde du 800 mètres aux derniers JO, qui avait le tort
de ne pas être assez clairement « homme » ou « femme ».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Dans la vie quotidienne, les exemples pullulent.
Les wc sont « homme » ou « femme », et je me souviens d'un article très drôle
de la philosophe queer Béatriz Préciado qui racontait le barrage des regards
accueillant toute personne rentrant dans les toilettes des femmes : des yeux
scrutant l'apparence de l'imprétrante pour vérifier qu'elle avait bien tous les
atours de la féminité, et les froncements de sourcils condamnant une trop gande
androgynie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Pour ce qui ressemble le plus à des piscines, on
peut penser aux hamams : il y a des jours pour les hommes, pour les femmes et
des plages mixtes (pas assez à mon goût !). On peut aussi penser à la SNCF qui,
sur son site internet, présentant ses trains de nuits (Lunéa) répond ainsi à
une fausse question d'une cliente : « Q : Je suis une femme voyageant seule,
existe-t-il un service adapté ? R : Lunéa offre à ses clientes voyageant seules
la possibilité de réserver gratuitement une place dans un compartiment
intégralement réservé aux femmes en 1ère ou 2nde classe. Ce service est
disponible sur simple demande auprès du vendeur lors de votre réservation, etc.
». Vous souvenez-vous qu'aux dernières élections régionales, Bruno Beschizza,
le syndicaliste policier tête de liste UMP en Seine-Saint-Denis avait proposé
que le wagon de tête des RER soit réservé aux femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Côté éducation, il y a des débats rageurs dans
les mouvements de jeunesse - je pense aux éclaireurs unionistes que je connais
bien - pour savoir si il faut que les sizaines (groupe de six enfants qui sont
la « base » de la vie quotidienne) soient mixtes ou non. Et qu'on ne s'y trompe
pas, il y a des militantes féministes des deux côtés. Pour faire vite, les
féministes qui sont pour la mixité insistent sur la nécessité d'apprendre à
vivre en égalité garçons et filles (et d'éduquer d'abord les garçons), les
féministes favorables à la non-mixité insistent sur la nécessité de donner aux
filles confiance en elles, ce que la présence des garçons contrecarrerait. Et
quand il s'agit de faire dormir les enfants, tout le monde est obligatoirement
d'accord : dans les colonies de vacances, les filles dorment avec les filles et
les garçons avec les garçons (je n'ai pas réussi à trouver le texte qui
l'impose, mais c'est ce qu'on apprend quand on passe son BAFA).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Allez, un dernier exemple : l'Etat, à travers
notamment l'Agence de cohésion sociale et pour l'égalité des chances, finance
une tripotée de groupes uniquement de femmes, par exemple pour apprendre le
français...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Je m'arrête là, vous pourrez dans vos
commentaires donner d'autres exemples. Et je ne trouve aucun texte de loi qui
interdise ou rende obligatoire quoi que ce soit, de manière générale, sur le
sujet. Mais pourquoi alors, être scandalisé par ces femmes musulmanes qui
décident de se baigner entre elles, alors que le non-mixte est si courant ?
Pourquoi serait-ce un problème à partir du moment où ce n'est pas imposé aux
femmes comme seule possibilité par les gestionnaires de la piscine ? Une piste
: ce n'est pas parce que cela se passe dans une piscine...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>Bêtisier du débat de la laïcité 2 : « Une patiente ne peut pas invoquer des raisons religieuses pour récuser un médecin parce que c'est un homme ».</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/03/14/B%C3%AAtisier-de-la-la%C3%AFcit%C3%A9-2-%3A-%C2%AB-Une-patiente-ne-peut-pas-invoquer-des-raisons-religieuses-pour-r%C3%A9cuser-un-m%C3%A9decin-parce-que-c-est-un-homme-%C2%BB.</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Mar 2011 09:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Actualité</category>
        <category>Laïcité</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;medecin.jpg, mar. 2011&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/public/medecin.jpg&quot; /&gt;Suite de
la série sur le bêtisier du débat sur la laïcité.&lt;/p&gt;    C'est l'un des trois pauvres exemples - toujours les mêmes – sortis par
Jean-François Copé quand il évoque la mise en cause de la laïcité par l'Islam :
les prières de rue, les créneaux réservés aux femmes dans les piscines, et… la
fameuse patiente qui récuse un médecin parce que c'est un homme...
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;On sera tous d'accord pour
dire que, sur le principe, un médecin-homme vaut un médecin-femme et l'inverse
aussi, même si Copé n'en parle pas et ne nous dit pas où en est l'égalité
homme-femme dans le système hospitalier : est-ce un hasard si l'on parle plus
des mandarins que des mandarines et des infirmières que des infirmiers ? On se
dit, en bon progressistes ayant battu le pavé un certain nombre de 8 mars,
qu'on devrait considérer l'autre personne sans considération de genre... Je
défends régulièrement (voir un débat que j'ai eu avec le théologien catholique
Xavier Lacroix sur les couples de même sexe dans un supplément du journal La
Vie sur l'amour à paraître en avril) que l'altérité est toujours radicale entre
deux personnes, qu'elles aient ou non le même sexe ou genre...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Et puis, on a nos vies
d'humains, nos pudeurs, nos histoires... Quand j'ai eu à choisir un psy, je me
suis demandé si c'était important que ce soit un homme ou une femme : lui
parlerai-je avec autant d'aisance de ma sexualité ? J'entends mes amies
discuter régulièrement de savoir si c'est important pour elles ou non que leur
gynéco soit un homme ou une femme... et d'en trouver un qui propose un
rendez-vous en moins de trois mois... Et la discussion a lieu aussi pour le
généraliste. Voyez-même, pour un certain nombre d'ados combien il est important
de pouvoir choisir un autre praticien que le médecin de famille : et si je lui
parle de contraception, que dira-t-il à mes parents ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Et dans tous ces cas, on
n'est pas dans la pure rationalité de la prise en compte de l'autre. En la
matière, à quoi se résumerait le choix du médecin ? A peu de choses finalement
: les compétences. Est-ce le seul critère que l'on prend en compte quand on
choisit un médecin ? Non, on parle plus de soi que de l'autre et on dit souvent
: « Je ne sais pas trop pourquoi, mais je me sentirais plus à l'aise,
si... ».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Que fait donc de différent la
patiente de l'exemple de Copé ? Que ce soit pour des raisons de pudeur ou de
religion, elle ne fait pas autre chose que ce que nous faisons vous et moi,
dans les exemples évoqués. Avec des raison pas plus irrationnelles que vous et
moi. Avec des raisons pas plus privées que vous et moi (si savoir à qui on
montre son vagin, sa verge ou sa nudité, ne sont pas des raisons privées voir
intimes...).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Et d'ailleurs, dans leur
grande intelligence, les autorités responsables ne le prennent-elles pas en
compte ? La charte de la personne hospitalisée qu'édite le Ministère de la
santé, basée notamment sur la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades,
censée être remise à tout patient qui entre à l'hôpital, est très claire :
« toute personne est libre de choisir l’établissement de santé dans
lequel&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;elle souhaite être prise en
charge. (…) Toute personne peut également choisir son praticien&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;sous réserve que les
modalités d’organisation de l’établissement ne s’y opposent pas. Dans tous les
cas, le choix de la personne concernant l’établissement et/ou le praticien doit
se concilier avec certaines contraintes liées à l’urgence, l’organisation du
service ou la délivrance des soins».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Il n'est pas question dans le
texte d'avoir de bonnes raisons, de les justifier, qu'elles soient rationnelles
ou pas, et il serait étonnant qu'on prenne en compte toutes les raisons
irrationnelles, sauf celles qui sont par ailleurs prises en compte par tous les
textes fondamentaux sur les droits et libertés, à savoir les convictions
religieuses... Voilà pour le fait brut : on a le droit de choisir un autre
médecin que celui qui était prévu. C'est une liberté, « libre de
choisir » dit le texte. C'est un droit, une possibilité qu'on ne demande
pas de justifier : pas une atteinte à la laïcité, à l'honneur des médecins ou
autre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Ce n'est bien sûr pas un
droit ou une liberté sans limite, ça n'existe pas, quoi qu'en pense Eric
Zemmour quand il s'agit de lui-même. La première limite, c'est qu'on ne peut
pas récuser un médecin au motif de la religion de celui-ci. Et malgré ce qu'on
pourrait être amené à croire souvent, la masculinité n'est pas une religion
(même si le phallus est souvent une idole...). La deuxième, ce sont les
contraintes matérielles.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Vous aurez remarqué
l'insistance du rédacteur sur les nécessités d'organisation, les contraintes du
service, etc. On pourrait se dire que ce n'est que le corrélat habituel qu'on a
pour toutes les libertés, on l'a vu pour l'expression publique du culte : dans
la mesure où cela ne trouble pas l'ordre public, ne gêne pas trop la
circulation, rentre dans les conditions prévues par la loi...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Et on imagine bien que ça ne
doit pas être forcément facile à prendre en compte. Surtout si l'inégalité des
carrières entre hommes et femmes dans certaines spécialités fait que les femmes
sont barrés pour devenir mandarines... Surtout depuis que ce gouvernement a mis
au pain sec les hôpitaux publics. Je n'oserai penser que c'est pour ces raisons
que Copé a pris cet exemple. Impossible d'imaginer autant de cynisme de la part
d'un personnage aussi idéaliste. Mais quand des contraintes matérielles rendent
difficile l'exercice d'un droit (on peut imaginer que l'exercice de ce droit
dans des conditions de pénurie ne participent pas à une relation apaisée entre
les soignants, les malades et leurs familles...), est-ce qu'on augmente les
moyens matériels où est-ce qu'on supprime le droit ? N'est-ce pas le même enjeu
que l'on retrouve dans le droit à l'IVG ? « Mais bien sûr ma bonne dame
que vous y avez droit, mais désolé, pas de pot, on n'a plus de centre
d'obstétrique, trop cher... ». Et si le respect des droits des patients au
libre choix du praticien, la liberté du « mon corps m'appartient »
qui va avec celle de « à moi décider qui le regarde ou le touche » était
un argument supplémentaire pour s'opposer à la casse du service public de la
santé ? Le « piège » du débat sur la laïcité ne se refermerait-il pas
contre ceux qui l'ont tendu ? Les libertés et les questions sociales se
tiennent souvent la main...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Citation : « Les femmes
ont besoin des hommes comme les poissons des bicyclettes » (slogan
féministe)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Photo : Homme ? Femme ?
Burqua maline ?&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;La charte du malade et de la
personne hospitalisée :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.aphp.fr/site/droits/documents/charte_personne_hospitalisee_2006.pdf&quot;&gt;
http://www.aphp.fr/site/droits/documents/charte_personne_hospitalisee_2006.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;L'excellente page des CEMEA,
de la Ligue de l'enseignement et des Francas :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;
http://www.laicite-educateurs.org/article.php3?id_article=69&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/03/14/B%C3%AAtisier-de-la-la%C3%AFcit%C3%A9-2-%3A-%C2%AB-Une-patiente-ne-peut-pas-invoquer-des-raisons-religieuses-pour-r%C3%A9cuser-un-m%C3%A9decin-parce-que-c-est-un-homme-%C2%BB.#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le bêtisier du débat sur la laïcité (1) : «les prières de rue violent la loi de 1905»</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/03/10/Le-b%C3%AAtisier-de-la-la%C3%AFcit%C3%A9-%281%29-%3A-%C2%ABles-pri%C3%A8res-de-rue-violent-la-loi-de-1905%C2%BB</link>
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    <pubDate>Thu, 10 Mar 2011 22:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Actualité</category>
        <category>Laïcité</category>    
    <description>&lt;img src=&quot;http://s1.e-monsite.com/2009/07/03/01/40771959jean-paul-2-jmj-1997-paris-jpg.jpg&quot; alt=&quot;40771959jean-paul-2-jmj-1997-paris-jpg.jpg&quot; style=&quot;float: left;&quot; height=&quot;242&quot; width=&quot;350&quot; /&gt;J'ai commencé depuis le 3 mars un série de billets en
réaction au débat sur la laïcité. Voilà le premier.    &lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;content&quot;&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, pour la énième fois, lors d'un débat sur France 2, j'entends donner
en exemple de non-respect de la loi de 1905 les prières de &amp;quot;les&amp;quot; rues dans le
18e. Outre que cela concerne une seule rue dans le 18e (au maximum deux), outre
que ce n'est pas un choix de la part des musulmans du 18e (mosquées trop
petites en attendant un projet couplé avec un lieu culturel porté par la ville
de Paris, panne du projet de la mosquée de la rue de Tanger...), ce n'est pas
illégal. L'article 27  de la loi de 1905 précise : &amp;quot;Les cérémonies,
processions et autre manifestations extérieures d'un culte sont réglées en
conformité de l'article 97 du Code de l'administration communale.&amp;quot; (le reste de
l'article parle de la gestion des sonneries de cloche, c'est dire si c'est
interdit...). Comme les processions en Bretagne (il y en a une très jolie à
Caudan où j'ai plaisir à me joindre à la famille catholique de ma femme - sa
famille, pas ma femme... - vers une source dans un champs avant d'aller
m'emméler les pieds au Fest Noz), les Marches pour Jésus (là, j'aime moins, il
y a des bannière homophobes) ou les grands rassemblements type JMJ 
(no-comment), on a le droit de prier dans la rue dans la mesure où - en gros -
les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l'ordre public et ne
gêne pas trop la circulation (comme écolo, vous imaginez ce que je pense des
initiatives qui bloquent les bagnoles...). En l'occurence, il semble que la
Préfecture qui a ces pouvoirs à Paris (ailleurs, c'est les maires) trouve que
ça ne pose pas problème. A côté des embouteillages sur le boulevard Barbès tout
prés, il est vrai que c'est calembredaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnant cette tolérance ? C'est le contraire qui serait étonnant. Outre que
cela tranche en 1905 entre les plus incendiaires type Combes qui auraient
volontiers interdit les processions catholiques (et les catholiques tout court)
et ceux partisans d'une loi équilibrée (Briand, Jaurès), c'est uniquement le
respect des textes fondamentaux de la République, et pour commencer... la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : &amp;quot;&lt;strong&gt;Article
10&lt;/strong&gt; - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses,
pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.&amp;quot;
La manifestation des opinions religieuses, c'est forcément dans l'espace
public, si c'est moi dans mon salon tout seul devant ma glace, ça n'a pas
besoin d'être protégé... Et tant que ça ne trouble par l'ordre public établi
par la loi, ça va... On retrouve la loi de 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation : &amp;quot;On ne peut pas embêter des hommes parce qu'ils font leur
prière&amp;quot;. Face à la démagogie anti-religieuse d'Emiles Combes, président du
conseil, réaction de Bernard Lazare (1865-1903), critique littéraire et
journaliste, juif et proche de l'anarchisme, ayant fait éclater l'affaire
Dreyfus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Prière de rue (JMJ Paris 1997)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/03/10/Le-b%C3%AAtisier-de-la-la%C3%AFcit%C3%A9-%281%29-%3A-%C2%ABles-pri%C3%A8res-de-rue-violent-la-loi-de-1905%C2%BB#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;La décroissance est-elle souhaitable ?&quot; distingué par l'association Révolutives.</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/02/14/%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-distingu%C3%A9-par-l-association-R%C3%A9volutives.</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Feb 2011 18:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
            
    <description>    Le groupe de réflexion sur l'écologie politique &amp;quot;Révolutives&amp;quot; a distingué
ex-aequo l'ouvrage dans les livres 2010 sur l'écologie politique. Plus d'infos
&lt;a href=&quot;http://www.revolutives.fr/2011/02/livre-ecolo-2010-ex-aequo/&quot;&gt;sur leur
site&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/02/14/%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-distingu%C3%A9-par-l-association-R%C3%A9volutives.#comment-form</comments>
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    <title>Pour une tolérance archaïque</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/06/06/Pour-une-tol%C3%A9rance-archa%C3%AFque</link>
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    <pubDate>Sun, 23 Jan 2011 23:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Etudes post-coloniales</category>
        <category>fantasme public</category><category>Foulard</category><category>Immigration</category><category>Laïcité</category><category>Liberté</category><category>nudité</category><category>Religions</category>    
    <description>&lt;p&gt;A la grande époque de l'antiracisme, la tolérance n'avait pas bonne
presse.&lt;/p&gt;    &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;A la grande époque de l'antiracisme, la
tolérance n'avait pas bonne presse. Dans ces années 80, laisser vivre des idées
ou laisser faire des façons d'agir différentes des siennes, voir qu'on
désapprouvait, tolérer donc, n'était pas suffisant. Il fallait rencontrer,
comprendre, accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Aujourd'hui, dans le débat sur la burqua, pas
question d'accepter ou de rencontrer. Même pas de tolérer. Paradoxalement, pour
tolérer dans le post-moderne XXIe siècle, allons-nous devoir le faire d'une
façon archaïque, comme à l'époque des guerres de religions qui vit naître cette
idée ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Lors d'un récent colloque à l'Institut
protestant de théologie de Paris sur Calvin et Hobbes, le philosophe Ghislain
Waterlot a rappelé que le XVIe siècle avait une conception plus rugueuse que la
nôtre de la tolérance. La tolérance était alors une endurance face à des choix
dont on disait haut et fort qu'ils ne devraient pas être. Ce n'était pas par
gentillesse qu'on ne les interdisait pas, mais parce que les interdire aurait
causé plus de désagrément que laisser faire. On était également persuadé que
cette pratique finirait par disparaître, puisque dans l'erreur. Cette
conception archaïque n'a-t-elle pas l'avantage de prendre en compte les
sentiments réels de beaucoup de nos contemporains ? Elle prend en charge la
réaction initiale face à une femme en burqua : le choc, l'inquiétude, le refus.
Cette tolérance n'implique pas de considérer cet habit comme acceptable : on
laisse faire parce qu'il y aurait plus de désagréments à l'interdire (renvoyer
des femmes chez elles, stigmatiser une communauté, rentrer dans une logique
dangereuse d'ingérence dans les modes de vie...) que le contraire. Surtout,
cette logique nous invite à redonner de la place au temps dans notre vivre
ensemble. L'endurance qui nous oblige à accepter les gens qui nous bousculent
dans le métro, téléphonent dans le train ou portent des habits qui nous
choquent n'est plus une faiblesse mais une vertu. Autre place laissée au temps
: puisque la raison républicaine française est persuadée d'être le point de vue
supérieur qui finira par triompher pour tous et partout, persuadons-la qu'elle
y arrivera aussi face à l'archaïque burqua. Bien sûr, ce dernier point est
l'une des nombreuses illusions nécessaires au vivre ensemble, comme il était
illusoire au XVIe siècle de croire que la diversité religieuse, si dure alors à
tolérer, serait passagère. Mais donner du crédit à cette illusion, à cette
tolérance faible en « amour des ennemis », ne nous permettrait-elle
pas de calmer le jeu et d'entrer dans la question de fond : pourquoi en temps
de paix, notre société a-t-elle besoin d'une tolérance de sortie de guerre
civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Stéphane Lavignotte est pasteur de la Mission
populaire de La Maison Verte (Paris 18e)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>&quot;La décroissance est-elle souhaitable ?&quot; réédité</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/01/30/Para%C3%AEt-le-3-f%C3%A9vrier-%3A-%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22</link>
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    <pubDate>Sun, 16 Jan 2011 20:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Actualité</category>
        <category>Décroissance</category><category>Ecologie</category><category>Ellul</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/public/.ladecroissance_m.jpg&quot; alt=&quot;ladecroissance.JPEG&quot; title=&quot;ladecroissance.JPEG, janv. 2010&quot; /&gt; Après six mois de rupture, mon dernier
bouquin a enfin été réédité par les éditions Textuel, dans la nouvelle
collection &amp;quot;Petite encyclopédie critique&amp;quot;, dirigé par Philippe Corcuff et
Lilian Mathieu.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vous pouvez en lire des extraits sur le site de la revue électronique
&lt;a href=&quot;http://www.contretemps.eu/&quot;&gt;Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;En ce début de XXIe siècle, où la prise de conscience des problèmes
écologiques s'étend, le thème de « la décroissance » est devenu un
étendard pour une écologie politique radicale. Des réflexions d'André Gorz dans
les années 1970 aux travaux actuels de Paul Ariès, Vincent Cheynet ou Serge
Latouche, elle est devenue un des axes des pensées critiques. Quels sont les
apports et les impensés de la galaxie des « objecteurs de croissance »,
sur le plan éthique, économique, social et politique ? Stéphane Lavignotte
propose un panorama guidé par une sympathie critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stéphane Lavignotte est un des fondateurs de Vélorution et de la revue
Ecorev', ancien responsable des Verts. Hier journaliste (Témoignage Chrétien,
Réforme…), il est aujourd’hui pasteur à La Maison Verte (paroisse inclusive et
centre social, Paris 18e). Théologien, il travaille sur l'écologie, les
minorités, le genre, les pensées de Jacques Ellul et Paul Ricoeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 février 2010 9,90 € 144 pages 120 x 190 mm Broché cousu
978-2-84597-357-2&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/01/30/Para%C3%AEt-le-3-f%C3%A9vrier-%3A-%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Contre les nouveaux racistes : une guerre d'imaginaire</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/01/15/Contre-les-nouveaux-racistes-%3A-une-guerre-d-imaginaire</link>
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    <pubDate>Sat, 15 Jan 2011 00:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>fantasme public</category><category>Immigration</category><category>Islam</category><category>Religions</category>    
    <description>&lt;p&gt;Chronique paru dans Causes communes, le journal de la Cimade.&lt;/p&gt;    Il y avait du vin et du thé à la menthe, du saucisson et du mafé. Un
pique-nique anti-raciste mêlait dans le quartier de la Goutte d'or début
juillet à Paris militants et habitants du quartier... Une réponse joyeuse à la
tentative quelques semaines plus tôt de l'extrême-droite et de soi-disant
militants laïcs d'organiser une « apéro saucisson-pinard » pour
dénoncer une fantasmatique islamisation. Bien sûr, l'image donnée par
l'extrême-droite n'a pas grand chose à voir avec la réalité. Ici, il y a de
nombreux bars où l'on peut boire l'alcool et on y trouve une des meilleurs
boucheries porcines de Paris ! Enfin, depuis quelques années, le quartier
accueille de moins en moins d'arabes et de plus de ressortissants d'Afrique
noire et des Antilles, autant chrétiens que musulmans. Mais ce n'était pas la
réalité du quartier et ce qu'en ressentent ses habitants qui intéressait cette
extrême droite « identitaire » : ils ont lu le théoricien communiste
Antonio Gramsci, et savent que les bagarres politiques se gagnent aussi sur le
terrain de l'imaginaire collectif. Leur objectif : renforcer des images, des
fantasmes déjà présents dans une partie de l'opinion comme celui de
l'islamisation de la France, associé aux images de femmes voilées ou de
musulmans priant dans la rue. Cette extrême-droite instille dans les esprits
une seconde image, pas moins fantasmatique : être français, c'est être blanc,
manger du porc et boire du pinard. Ça n'a aucun sens mais a l'avantage de
mettre de côté les noirs, les arabes, les musulmans, les juifs... Tout ça est
ridicule, grossier mais produit des images fortes qui touchent à « eux et
nous », une image évidente, simple, rassurante d'être français, alors qu'y
compris chez les personnes les plus inattendues, grandit cette peur
irrationnelle de l'islamisation de la France. Parce qu'il est question de
peurs, de fantasme, d'imaginaire, condamner est insuffisant.
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Dans les villes grandes et moyennes, nous vivons
déjà une réalité de grande pluralité des origines et des religions, et je
crois, avec bonheur. Mais pour la défendre nous restons dans le négatif :
l'anti-racisme, l'anti-fascisme... Les expression positives sont en panne. Le
concept de multiculturel énerve les uns, celui de diversité insupporte les
autres. L'imaginaire « blacks-blancs-beurs » s'est usé, trop
publicitaire. Face à l'invasion des imaginaires par la logique identitaire, et
le racialisme du gouvernement, l'urgence est là : réussir à produire les
images, les mots, les concepts qui peuvent traduire notre bonheur de vivre dans
le mélange d'aujourd'hui. Offrir une image désirable et rassurante de cette
évolution de la société française, sans pour autant cacher la réalité des
inégalités sociales et des discriminations. Le but de notre pique-nique était
celui-là : faire imaginaire positivement, rendre visible le bonheur face à la
peur. C'était trop peu et ne fut quasiment pas médiatisé. Mais l'enjeu est là,
et il va falloir beaucoup d'imagination collective pour y répondre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Stéphane Lavignotte est pasteur et directeur de
la Maison Verte (Mission populaire évangélique) à Paris 18e, maison de quartier
et paroisse protestante inclusive.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2011/01/15/Contre-les-nouveaux-racistes-%3A-une-guerre-d-imaginaire#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Pistes de réflexion éthique sur la question de la nature...</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/Pistes-de-r%C3%A9flexion-%C3%A9thique-sur-la-question-de-la-nature...</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Nov 2010 11:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Ecologie et théologie</category>
            
    <description>&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A la lecture de l'Institution chrétienne
de Jean Calvin...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    En 1966, paraît dans Nature l'article d'un spécialiste d'histoire médiévale
Lynn White, repris et durci en 1972 par l'allemand Carl Amery, qui pointe la
responsabilité du Christianisme dans la crise écologique. Presbytérien engagé
dans son église, fils de pasteur presbytérien, sans aucun doute, Lynn White
fait-il en cela une autocritique qui concerne les églises se réclamant de Jean
Calvin. Sans doute, ce texte vaudrait-il d'être étudié pour lui-même et pas
seulement comme une référence aussi commode que mal connue de critique de la
position des chrétiens face à l'écologie. De la même manière, le sort de Calvin
est-il souvent réglé rapidement par le biais de l'ouvrage de Max Weber sur
« l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme ». Condamné sans
procès, Calvin est reconnu coupable d'avoir participé à la naissance de
l'esprit entrepreunarial – vie sans dépenses inutile qui dégage des moyens pour
l'investissement, vocation qui fait de la réussite professionnelle le signe de
l'élection – qui ferait naître la logique de profit et le capitalisme, accusés
– non sans raison – d'être à l'origine de la crise écologique.
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;L'élan de « 2009 année Calvin » est
l'occasion d'aller voir directement les textes de Calvin, à la suite de
précurseurs comme le théologien Otto Schaefer. Et en premier lieu, de relire
l'ouvrage majeur de Calvin, l'Institution chrétienne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Paru une première fois en 1536 à Bâle, d'un
auteur de 27 ans absolument inconnu – Jean Calvin habitant en France à Noyon –
il connaîtra sept éditions latines jusqu'en 1559, toute suivie d'une édition en
langue vulgaire. Le soucis de Calvin en 1536, est la répression qui s'abat sur
les « évangéliques », il n'est pas la crise écologique du XXIe
siècle. Il n'en reste pas moins, qu'à la lecture du texte, il est frappant de
voir l'importance qu'y ont la question de la création et l'usage d'un
vocabulaire issu de la nature. Dans le titre du premier livre de l'Institution,
« créateur » est un des titres donné au Seigneur : « Le premier
livre de l'institution chrétienne qui est de connaître Dieu en titre et qualité
de créateur et souverain gouverneur du monde ». C'est à ce titre que
Calvin veut d'abord le faire connaître.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Le vocabulaire de Calvin
emprunte en permanence aux métaphores de la nature. Dans le premier paragraphe
du premier chapitre du premier livre, parlant de la faiblesse des connaissances
humaines, évoquant celles données par Dieu, il explique : « Davantage, par
les biens qui distillent du ciel sur nous goutte à goutte, nous sommes conduits
comme par petits ruisseaux à la fontaine »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote1sym&quot; id=&quot;sdfootnote1anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Cette image de « Dieu fontaine de tous biens » revient
régulièrement&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote2anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote2sym&quot; id=&quot;sdfootnote2anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Calvin est un homme de
son époque, c'est à dire encore un temps où l'agriculture domine l'économie. Il
écrit son Institution comme un catéchisme, qu'il traduit en langue vulgaire,
pour un peuple largement paysan. Le succès des livres de chants de Psaumes dans
la paysannerie à partir de leur publication par Louis Rabier en français en
1565 puis en béarnais en 1583 ne tient-il pas notamment à l'importance qu'ont
dans les paroles les images rurales ? Les images de nature dans la Bible, dans
les textes de Calvin comme dans les Psaumes chantés ne sont pas seulement
celles d'une nature sauvage : ce sont aussi des images d'une nature dans
laquelle et avec laquelle travaille l'homme. La question du rapport
homme-nature, et Dieu-nature-homme est bien présente, même si ce n'est pas dans
les termes d'aujourd'hui. Que cela ne se pose dans une autre configuration doit
nous rendre prudent et nous inviter à éviter tout anachronisme. En même temps,
cela nous permet un déplacement face aux « vérités » actuelles sur
ces mêmes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ce travail n'a pas la prétention de décrire
l'ensemble du rapport de Jean Calvin à la question naturelle, ni même dans
l'Institution chrétienne. Elle tentera, à la lecture du texte, de pointer
quelques pistes de travail pour une éthique pour aujourd'hui du rapport de
l'homme à la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;En suivant le mouvement de l'Institution
chrétienne, nous étudierons d'abord la place de la nature dans la connaissance
de Dieu, en pointant chez Calvin un mouvement de relativisation mais aussi de
réhabilitation. Puis, nous réfléchirons au pouvoir de l'homme dans la nature,
et là encore en pointant un double mouvement chez Jean Calvin, de domination et
de responsabilité au sein d'un ordre voulu par Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;I / La nature et la
connaissance de Dieu :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;un double mouvement de relativisation et
de réhabilitation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1- les marques de sa
gloire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;La nature peut-elle apporter
un savoir sur Dieu : est-elle impossible cette « pure et sainte
connaissance, à laquelle l'ordre naturel nous mènerait si Adam eût persisté
dans son intégrité »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote3anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote3sym&quot; id=&quot;sdfootnote3anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; ? Où la chute
l'empêche-t-elle définitivement ? C'est par ces questions que commencent
l'Institution chrétienne, donnant d'emblée une place importante à la nature
dans la compréhension du monde. Pour Calvin, il y a une connaissance naturelle
de l'existence de Dieu, même chez les peuples les plus barbares. Mais surtout,
Dieu a imprimé des « marques de sa gloire » en toute ses oeuvres :
« non seulement il a engavé cette semence de religion que nous avons dite
en l'esprit des hommes, mais aussi il s'est tellement manifesté à eux en ce
bâtiment tant si beau et exquis du ciel et de la terre et journellement s'y
montre et présente, qu'il ne sauraient ouvrir les yeux qu'ils ne soient
contraints de l'apercevoir. Son essence est incompréhensible, tellement que sa
majesté est cachée bien loin de tous nos sens ; mais il a imprimé certaines
marques de sa gloire en toutes ses oeuvres, voir si claires et notables que
toutes excuses d'ignorance est ôtée aux plus rudes et hébétés du
monde »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote4anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote4sym&quot; id=&quot;sdfootnote4anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Reprenant l'épître aux
hébreux (Heb.11,3), Calvin présente le monde – aussi bien le cours ordinaire de
la nature que le mouvement des astres ou la perfection du corps humain - comme
un « miroir pour contempler Dieu qui autrement est
invisible »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote5anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote5sym&quot; id=&quot;sdfootnote5anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Cette connaissance est
si forte qu'elle se manifeste aussi bien pour les païens que les chrétiens, les
enfants, les « rudes » ou les « vulgaires » ! Elle est –
pourrait-on commenter - aux sciences – astrologie, médecine, physique que cite
Calvin – ce que les traductions des ouvrages de Calvin en langues vulgaires
sont à ceux en latins édités jusque-là pour les clercs. Grâce à cette
connaissance, Calvin estime en se référant au Psaume 8 que « les enfants
pendant à la mamelle de leurs mères ont des langues assez facondes pour prêcher
la gloire de Dieu, tellement qu'il n'est certes besoin d'autres
rhétoriciens »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote6anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote6sym&quot; id=&quot;sdfootnote6anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Sans que Calvin aille
lui jusque-là, nous pourrions dire que la nature, la « confiance en
soi » et la « confiance en Dieu » que donnent la nature, est ce
qui permet cette singulière et radicale vision du sacerdose universel
commençant au sein maternel !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2 – l'impossible connaissance
naturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Avec autant de conviction, Calvin rejette en
revanche explicitement tout panthéisme, l'idée d'un « esprit universel qui
soutiendrait le monde (...) que le monde qui a été créé pour spectacle de la
gloire de Dieu, soit lui-même créateur »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote7anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote7sym&quot; id=&quot;sdfootnote7anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Il qualifie de « point diabolique » l'idée – avancée par Virgile -
que les abeilles, le ciel, la terre, les champs ou la lune puissent avoir une
portion d'esprit divin. Il refuse « d'envelopper la majesté de Dieu avec
le cours inférieur de ses oeuvres »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote8anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote8sym&quot; id=&quot;sdfootnote8anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
parmi lesquels il range la nature comme les humains et dénonce indistinctement
les philosophes grecs que la religion égyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Il s'en suit que pour Calvin, s'il y a la
connaissance naturelle &lt;em&gt;qu'il y a un&lt;/em&gt; Dieu, il ne peut y avoir
connaissance naturelle &lt;em&gt;de&lt;/em&gt; Dieu : « Il n'y a eu toutefois nulle
religion pure ou approuvée, étant seulement fondée sur le sens commun des
hommes (...), vu que toute opinion que les hommes conçoivent de leurs sens
quant aux mystères de Dieu, bien qu'elle n'apporte point toujours un si grand
amas d'erreurs, ne laisse pas pourtant d'en être mère »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote9anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote9sym&quot; id=&quot;sdfootnote9anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. On retrouve la critique de son temps sur la
tromperie qu'induisent les sens pour l'homme, dans le contexte de déchéance
post-adamique déjà évoquée. Seule l'écriture sainte donne la vraie connaissance
de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Cette impossibilité en raison de l'indignité de
l'humain – et en même temps cette dignité de la nature comme miroir auquel nous
devons porter plus d'attention - est parfaitement résumée par la fin du
chapitre : « Au reste, bien qu'il faille imputer au vice des hommes, le
fait qu'ils corrompent aussitôt la semence que Dieu a plantée en leurs coeurs
pour se faire connaître à eux par l'artifice admirable de nature, au point que
cette semence ne produit jamais son fruit entier et mûr, toutefois ce que nous
avons dit est vrai : c'est que nous ne sommes pas suffisamment instruits par le
simple témoignage et nu que les créatures rendent à la gloire de Dieu quelque
magnifique qu'il soit ».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;On trouve donc chez Calvin un double mouvement.
Un mouvement de rabaissement. Il y a non seulement refus d'une divinisation de
la nature (refus de l'idée qu'il ait dans la nature une portion de l'esprit
divin) mais un refus que la nature puisse amener à la connaissance de Dieu,
quand bien même elle permettrait de comprendre que Dieu existe.. Mais il y a en
même temps, et en tension permanente avec ce premier mouvement, un mouvement
inverse. Si la pleine connaissance de Dieu n'est pas possible par la nature, il
n'est pas fait référence à la défaillance de la nature – même si elle est
qualifiée de « cours inférieur de ses oeuvres » et est considérée
comme corrompue - mais à la défaillance de l'homme rendu incapable de lire la
nature par son imperfection en raison de la chute. Comme évoqué précédemment,
nous pourrions rejoindre cette «  pure et sainte connaissance, à laquelle
l'ordre naturel nous mènerait si Adam eût persisté dans son intégrité ».
Mais il n'a point persisté...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3 – ruminer le
spectacle de la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Par ce fait, la nature est
réhabilitée fortement par Calvin comme lieu où Dieu a imprimé les
« marques de sa gloire », l'homme étant invité à bien plus se laisser
instruire par le spectacle de la nature, ce « beau et excellent théâtre du
monde »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote10anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote10sym&quot; id=&quot;sdfootnote10anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; et à se mettre à
l'école de la nature. Il se fait lyrique pour appeler l'homme a regarder et
apprécier la nature : « Pensons-nous que notre Seigneur eût donné une telle
beauté aux fleurs, laquelle se représentât à l’oeil, qu’il ne fût licite d’être
touché de quelque plaisir en la voyant ? Pensons-nous qu’il leur eût donné si
bonne odeur, qu’il ne voulût bien que l’homme se délectât à flairer ? Davantage
: n’a-t-il pas tellement distingué les couleurs que les unes ont plus de grâce
que les autres ? (…) Finalement, ne nous a-t-il pas donné beaucoup de choses,
que nous devons avoir en estime sans qu’elles nous soient nécessaires
?»&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote11anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote11sym&quot; id=&quot;sdfootnote11anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Il ne s'agit pas seulement de pur plaisir,
mais aussi de se rapprocher de Dieu. Dans le premier paragraphe du premier
chapitre du premier livre, parlant de la faiblesse des connaissances humaines,
évoquant celles données par Dieu, il explique : « Davantage, par les biens
qui distillent du ciel sur nous goutte à goutte, nous sommes conduits comme par
petits ruisseaux à la fontaine »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote12anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote12sym&quot; id=&quot;sdfootnote12anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. La nature parle mieux de Dieu que les
hommes : « il n'y a aucune langue humaine qui fût suffisante à exprimer
une telle excellence, voir seulement pour la centième partie. Et il n'y a nul
doute que Dieu nous veuille occuper continuellement en cette sainte méditation
: à savoir que quand nous contemplons les richesses infinies de sa justice,
sagesse, bonté et puissance en toutes créatures, comme en des miroirs, nous
seulement nous les regardions légèrement, pour en perdre incontinent la
mémoire, mais plutôt nous nous arrêtions longuement à y penser et ruminer à bon
escient, et en ayons continuelle souvenance »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote13anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote13sym&quot; id=&quot;sdfootnote13anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Dans &lt;em&gt;Les mots et les choses&lt;/em&gt;, Michel
Foucault explique que le XVIe siècle hérite de l'Antiquité l'idée que « le
monde est couvert de signes qu'il faut déchiffrer »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote14anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote14sym&quot; id=&quot;sdfootnote14anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; qui forment un miroir de l'ordre de Dieu :
« de loin le visage est l'émule du ciel, et tout comme l'intellect de
l'homme reflète imparfaitement , la sagesse de Dieu, de même les deux yeux,
avec leur clarté bornée, réfléchissent la grande illumination que répandent ,
dans le ciel, le soleil et la lune ; la bouche est Vénus, puisque par elle
passent les baisers et les paroles d'amour ; le nez donne la minuscule image du
sceptre de Jupiter et du caducée de Mercure »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote15anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote15sym&quot; id=&quot;sdfootnote15anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Depuis l'Antiquité « le langage vaut
comme le signe des choses. Il n'y a pas de différence entre ces marques
visibles que Dieu a déposées sur la surface de la terre, pour nous en faire
connaître les secrets intérieurs, et les mots lisibles que l'Ecriture ou les
sages de l'Antiquité, qui ont été éclairés par une divine lumière, ont déposés
en ces livres que la tradition a sauvés. Le rapport aux textes est de même
nature que le rapport aux choses ; ici et là, ce sont des signes qu'on
relève »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote16anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote16sym&quot; id=&quot;sdfootnote16anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Calvin hérite de
cette vision du monde. Pourtant, il participe à l'émergence d'une nouvelle
façon de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;II/ La nature et le
pouvoir de l'homme : un double mouvement de domination et de responsabilité au
sein d'un ordre voulu par Dieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1- l'homme et la
nature : deux places dignes mais distinctes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;L'homme est clairement
création de Dieu : « vu nous sommes sa facture, que de droit naturel et
création nous sommes sujets à son empire »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote17anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote17sym&quot; id=&quot;sdfootnote17anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Mais Calvin considère-t-il l’humain comme
le centre de la Création ? Parce qu'il est créé au sixième jour, est-il
l'aboutissement de la création ? Ce n'est pas la première explication que donne
Calvin au choix du sixième jour par Dieu pour créer l'homme. Il évoque d'abord
la bonté de Dieu : « Or, en l'ordre des choses crées nous avons à
considérer diligemment l'amour paternel de Dieu envers le genre humain, en ce
qu'il n'a point créé Adam jusqu'à ce qu'il eut enrichi le monde, et pourvu
d'abondance de tous biens. (...) Maintenant puisqu'il a différé de créer
l'homme jusqu'à ce qu'il eût disposé le cours du soleil et des étoiles pour
notre usage, qu'il eût rempli les eaux et l'air de toute sorte de bétail, qu'il
eut fait produire toutes sortes de fruits pour nous alimenter : en prenant tel
soin d'un bon père de famille et pourvoyable, il a montré une merveilleuse
bonté envers nous. »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote18anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote18sym&quot; id=&quot;sdfootnote18anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il n'en reste pas
moins que pour Calvin : « Finalement, en créant l'homme, il a fait un
chef-d'oeuvre d'une plus excellente perfection que toute le reste, à cause des
grâces qui lui sont données. »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote19anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote19sym&quot; id=&quot;sdfootnote19anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Le fait d'être « image de Dieu »
lui donne également un statut spécial par rapport aux animaux. Certes, il
précise que « la forme corporelle, en tant qu'elle nous distingue et
sépare d'avec les bêtes brutes, ne nous conjoigne tant plus à Dieu et nous
fasse approcher de lui ». Mais le siège de cette image est d'abord l'âme,
image spirituelle : « l'homme a la tête levée en haut, et les yeux dressés
au ciel pour contempler son origine, alors que les bêtes ont la tête penchée en
bas »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote20anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote20sym&quot; id=&quot;sdfootnote20anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. C'est le statut
interrogatif – et non puissant ou dominateur - de l'homme qui le fait d'abord
« image de Dieu ».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Certes, Calvin répète à plusieurs que Dieu a
créé toutes choses pour l'homme, pour son profit et son salut (I.14,22 ;
I.16,6). Il comprend Genèse 1,28 et 9,2 comme le fait que « toutes
créatures du monde nous sont assujetties »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote21anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote21sym&quot; id=&quot;sdfootnote21anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;21&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Mais évoquant cela, Calvin précise
immédiatement que cela montre montre moins le pouvoir de l'homme que la bonté
de Dieu...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Pour autant, comme on l'a vu, la nature est
miroir des grâces de Dieu. Bien plus, les espèces diverses ont chacune une
place unique : Dieu « a produit tout genre d'animaux tant que de créatures
sans âmes, et qu'il a distingué par un ordre admirable cette variété infinie
des choses que nous voyons, qu'il a assigné à chaque espèce sa nature, qu'il
leur a ordonné leurs offices, qu'il leur a déterminé leurs places et demeures.
Et bien qu'elles soient toutes sujettes à la corruption, néanmoins, il a mis
ordre par sa providence qu'elles entretiennent jusqu'au dernier
jour »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote22anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote22sym&quot; id=&quot;sdfootnote22anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;22&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Les plantes et les
animaux ont une place propre, décidée par Dieu, indépendamment de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Par ailleurs, parce que face à la grandeur de
Dieu, tout est minuscule et que l'homme réalise son injustice et sa souillure,
il rejoint ce qu'il y a de plus immonde ou de plus brillant dans la nature,
également minuscule face à Dieu : « l'homme qui n'est que ver et
pourriture » ; « le soleil aura honte, et la lune sera confuse, quand
le seigneur des armées régnera, c'est à dire quand il déploiera sa
clarté »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote23anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote23sym&quot; id=&quot;sdfootnote23anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;23&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. L'homme et la nature
se rejoignent dans une égale indignité face à la grandeur de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2- Un monde dans
lequel règne Dieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Le maître du monde n'est pas
l'homme, mais bien Dieu qui « conduit la machine du monde, et toutes ses
parties d'un mouvement universel »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote24anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote24sym&quot; id=&quot;sdfootnote24anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;24&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Calvin se démarque fortement de ce qu'il
décrit comme une maîtrise « quasi-assoupie » chez les philosophes
grecs. Il évoque l'image du maître de navire qui intervient à tout instant pour
imprimer le mouvement au bateau. Dieu reste actif dans sa création. Chaque
événement est gouverné par le « conseil secret de Dieu »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote25anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote25sym&quot; id=&quot;sdfootnote25anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;25&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; : si quelqu'un est attaqué par les brigands
ou rencontre des bêtes sauvages, s'il est jeté en la mer par les tempêtes, si
la vague de mer le jette dans le port... « il est aussi certain qu'il ne
tombe pas une goutte de pluie sans qu'il l'ait ordonné en
particulier »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote26anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote26sym&quot; id=&quot;sdfootnote26anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;26&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Cela pose bien sûr
la question du libre-arbitre de l'homme, que nous ne traiterons pas ici mais
que nous reprendrons plus loin sous la question de la responsabilité de l'homme
dans la création.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Les créatures de la nature - sans d'âme – sont
qualifiées du terme – laudateur pour Calvin - d' « instrument de
Dieu », à l'instar du Soleil pour lequel Calvin écrit un étonnant hommage
: « Il n'y a vertu si noble ni admirable entre les créatures qu'est celle
du soleil. Car outre qu'il éclaire le monde entier de sa lueur, quelle vertu
est-ce de nourrir et végéter par sa chaleur tous animaux, d'inspirer par ses
rayons fertilité à la terre, en échauffant la semence qu'on y jette ? Après, la
faire verdoyer de beaux herbages qu'il fait croître, en leur donnant toujours
nouvelle substance, jusqu'à ce que le blé et autres grains se lèvent en
épi... »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote27anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote27sym&quot; id=&quot;sdfootnote27anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;27&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Si Dieu dirige tout, l'homme est bien incapable
de saisir l'intention de Dieu derrière ces actes. Il serait bien prétentieux
s'il voulait s'y essayer et doit donc agir non pas en fonction de cette
intention inconnaissable, mais selon les Ecritures, nouvel étalon du regard sur
le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;N'y-a-t-il pas là deux conséquences importantes,
l'une épistémologique, l'autre éthique ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;D'abord, on peut se demander si Calvin n'est pas
en train d'opérer une rupture épistémologique avec l'ordre ancien de la
connaissance évoqué précédemment comme celle d'un monde couvert de signes qu'il
faut déchiffrer. Comme l'explique Michel Foucault, la logique de la divination
« supposait toujours des signes qui lui étaient antérieurs : de sorte que
la connaissance se logeait tout entière dans la béance d'un signe découvert ou
affirmée ou secrètement transmis. Elle avait pour tâche de relever un langage
préalable réparti par Dieu dans le monde ; c'est en ce sens que par une
implication essentielle elle devinait, elle devinait du divin. Désormais, c'est
à l'intérieur de la connaissance que le signe commencera à signifier : c'est à
elle qui empruntera sa certitude ou sa probabilité. Et si Dieu utilise encore
des signes pour nous en parler à travers la nature, il se sert de notre
connaissance et des liens qui s'établissent entre les impressions pour
instaurer dans notre esprit un rapport de signification »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote28anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote28sym&quot; id=&quot;sdfootnote28anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;28&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Calvin ne fait pas autre chose quand dans
l'Institution chrétienne, il évoque le soleil, non pas comme signe divin se
suffisant à lui-même mais en lien avec sa place dans texte de la Genèse, le
soleil et la lune à travers Esaïe, et tout un vocabulaire de la nature qui
tient autant à la société largement agricole de son temps, au public y compris
paysan auquel il s'adresse, qu'à la référence permanente aux Ecritures. Certes,
la gloire de Dieu peut se lire à travers les signes répartis dans la nature.
Mais cette lecture a pour lunettes le seul message explicite laissé à l'homme
par Dieu : l'écriture, la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;A la suite de Calvin, les naturalistes
protestants du XVIe siècle vont conserver cette approche de la nature comme
louange voir miroir de la beauté divine, le signe visible de l'action invisible
de Dieu dans le monde, le tout réglé par l'Ecriture. Les réformateurs
s'appuient notamment sur la lecture des psaumes, comme le psaume 104 qui vante
la diversité de la nature et la louange à Dieu qu'elle représente. Otto
Schaefer souligne que « cette tradition d’un va-et-vient entre lecture
biblique et regard naturaliste perdure dans le protestantisme en tout cas
jusqu’au XIXe siècle et parfois au-delà, elle joue un rôle déterminant dans la
découverte des Alpes et de l’alpinisme (Scheuchzer, Haller, Saussure, Rambert),
dans l’émergence de la protection de la nature à cette époque (tant les
Etats-Unis que la Suisse romande en fournissent des illustrations très
concluantes). Les deux épithètes de Genève – « cité de Calvin » et
« cité des botanistes » - présentent entre eux un rapport non pas
fortuit, mais essentiel ! »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote29anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote29sym&quot; id=&quot;sdfootnote29anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;29&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Il y a continuité et rupture avec l'idée
patristique que la nature serait un deuxième livre ouvert à côté de celui des
Ecritures : le livre de la nature est certes un deuxième livre, mais il se lit
avec celui des connaissances, révélée hier, scientifique aujourd'hui. Peut-être
même, le jeu se joue-t-il rapidement à trois : la nature, les écritures, la
science. Naîtrait ainsi de la Réforme dès le XVIIe, ce qu'Otto Schaefer a
appelé une « zone de négociation interprétative tout à fait originale
entre son élan théologique propre et les sciences naturelles et les disciplines
naturalistes naissantes. Si Dieu n'est pas forcément là, où l'on pensait, s'il
se révèle dans l'écoute renouvelée de sa parole, surprenant en somme, à la fois
rassurant et intrigant dans sa nouveauté, pourquoi n'en serait-il pas ainsi de
la vérité des choses de la nature ? »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote30anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote30sym&quot; id=&quot;sdfootnote30anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;30&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;La deuxième rupture qu'entraîne Calvin est
éthique. La maîtrise de Dieu sur le monde, l'incapacité de l'homme de
déchiffrer les intentions de Dieu sinon par les écritures met l'homme dans une
nouvelle situation. L'homme n'est pas exonéré de sa responsabilité – à la
différence de la toute puissance de Dieu telle qu'elle était conçue jusqu'à
Calvin - puisqu'il est mis en situation d'agir en fonction des Ecritures tout
en admirant la gloire de Dieu et les preuves de son existence dans la nature.
En revanche, sa prétention à comprendre et diriger le monde est
relativisée.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;L'humain est ainsi appelé en même temps à une
attitude de responsabilité et de modestie. Il est invité à agir en chrétien et
à faire confiance. Dans cette « théologie de la providence », la
nature et l'homme sont intimement liée sous la direction de Dieu. Cette vie
imparfaite et déchirée est rapiécée en permanence par Dieu. L'homme face à elle
n'est pas appelée à un seul utilitarisme : sa beauté, ce qu'elle dit de Dieu
sont importants pour lui. L'homme à un rôleà jouer sur la scène de ce théâtre
dont Dieu a tracé des limites qu'il doit respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3- La responsabilité
d'un « bon usage des biens terrestres »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Calvin précise les limites de
cette action dans le chapitre X du troisième livre de l'institution Chrétienne.
Il lui semble nécessaire de développer une « doctrine de l'usage des biens
terrestres », non pas pour éviter ou limiter une crise écologique qui
n'est pas encore d'actualité, mais pour « user de ces biens de telles
sortes qu'ils avancent plutôt notre course [vers le royaume céleste] qu'ils ne
la retardent »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote31anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote31sym&quot; id=&quot;sdfootnote31anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;31&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Sans plus le
développer, Calvin en fait donc un enjeu dans l'avancement du Royaume. L'enjeu
écologique se présente alors – y compris – pour nous aujourd'hui comme un enjeu
pour le sens de la vie de l'homme, pour la fidélité à sa vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Contrairement, à l'image que l'histoire a
retenu, Calvin critique moins longuement le risque d'
« intempérance », de « lâcher la bride à la chair » selon
la conscience de chacun que celui d'une trop grande sévérité. Il réfute l'idée
de ceux pour qui « nous sommes dans l'obligation de nous abstenir de
toutes choses dont on se puisse passer » : « A les en croire, à
grand'peine serait-il licite de rien ajouter au pain bis et à l'eau ! ».
Se référant à Saint Paul, il appelle à « user de ce monde-ci, ni plus ni
moins que si nous n'en usions point, et qu'il faut acheter les héritages de la
même manière qu'on les vend »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote32anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote32sym&quot; id=&quot;sdfootnote32anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;32&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. « User de ce monde-ci, ni plus ni
moins que si nous n'en usions point », sentence qu'il reprendra ensuite
comme règle particulière.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Avant même d'énoncer quatre règles, il en énonce
une générale : user de toute chose selon le but pour lequel Dieu les a créé,
reprenant en cela une idée déjà présente chez Thomas d'Aquin. Les aliments
l'ont été pour notre alimentation, mais aussi pour notre plaisir et notre
récréation ; les vêtements pour la nécessité mais aussi pour la décence, les
herbes, les arbres et les fruits pour les usages pratiques mais aussi pour le
plaisir de leur vu et de leur odeur, etc. Peut-on trouver dans cet usage de la
nature selon la façon qu'a eu Dieu de les destiner, en y incluant une part de
contemplation et de plaisir, une critique pour certains usages actuels des
biens naturels qui nous paraissent loin de leur destination initiale, comme
dans le cas des OGM, de l'alimentation carnivore des vaches ou de l'usage des
céréales à des fins de carburants ? Sans doute cela se heurte-t-il à
l'impossibilité de savoir le but dans lequel Dieu les a créé, puisque nous n'en
connaissons que les usages que nous en avons jusque-là, difficulté de savoir ce
qui est naturel ou non, même si nous faisons appel aux Ecritures. Peut-être
alors, les autres règles énoncées par Calvin peuvent nous aider.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Les cinq règles qu'énonce Calvin ont un but
explicite : tenir l'homme dans un comportement décent. Ni trop rigoureux -
« sinon qu'ayant dépouillé l'homme de tout sentiment, elle le rende
semblable à un tronc de bois »- ni trop laxiste, « aller au-devant de
la concupiscence de notre chair, qui se déborde sans mesure si elle n'est tenue
sous bride »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote33anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote33sym&quot; id=&quot;sdfootnote33anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;33&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Première règle :
« En toute chose, nous devons discerner l'auteur et lui rendre
grâce »&lt;/strong&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote34anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote34sym&quot; id=&quot;sdfootnote34anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;34&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;
Certes, les aliments ont été non seulement pour notre nourriture mais pour
notre plaisir et notre récréation, mais si nous en abusons – il donne l'exemple
du vin ! – nous ne serons plus en état de rendre grâce à Dieu. Les vêtements
ont été faits pour nous vêtir, mais aussi pour que nous soyons honnêtes et
décents, mais si nos yeux sont « fichés par la magnificence de nos
vêtements », regarderons-nous Dieu ? Si les hommes « assujettissent
tous leurs sens à délices, en telle sorte que leur esprit y est
enseveli », ne transforment-ils pas en idoles ceux qui se « délectent
tellement en or, marbre et peintures » ? Comment mieux dénoncer la
fascination de nos contemporains pour les objets, la consommation, les
« people » ? L'usage des biens de la nature dans un esprit de
puissance de la part des humains et des industries ?&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Deuxième règle :
« Nous devons user de ce monde comme n'en usant pas ».&lt;/strong&gt;
Calvin reprend donc comme une règle particulière ce qu'il énonçait tout à
l'heure comme une maxime générale. Comme pour Paul selon qui (1 Cor. 7, 29-31)
il faut se marier comme s'ils ne se mariaient pas, il faut user de ce monde
sans se laisser piéger par les réalités matérielles du monde et donc user
modérément de l'abondance et du superflu pour toujours rester concentré sur son
âme. Calvin résume l'idée par cette formule : « qu'ils se permettent que
le moins qui leur sera possible (...) qu'ils soient vigilants à retrancher
toute superfluité et vain appareil d'abondance. »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote35anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote35sym&quot; id=&quot;sdfootnote35anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;35&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Ce qui peut apparaître comme la marque de
la rigueur calviniste ne reprend-il pas du sens dans une société de
sur-consommation et de gâchis, où les innovations technologiques servent
d'abord à entretenir cette abondance ? La règle du « moins qu'il leur sera
possible » n'est-elle pas une alternative au « toujours plus
d'efficacité », règle de la société technicienne telle que dénoncée par
Jacques Ellul ?&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une autre règle lui
est jointe, qui pourrait être indépendante : « se passer patiemment de ce
qui manque ».&lt;/strong&gt; Dans un premier temps, Calvin l'énonce ainsi :
« que ceux qui sont en pauvreté, apprennent de se passer patiemment de ce
qui leur manque, de peur d'être tourmenté d'une trop grande envie ».
Faisant explicitement référence à « ceux qui sont en pauvreté », elle
laisse à penser que Calvin appelle au respect des inégalités de richesse. Elle
prend un résonance différente si l'on cite l'exemple qu'il donne en ayant en
tête notre réalité consumériste actuelle : « Celui qui aura honte d'une
méchante robe, se glorifiera en une précieuse ; celui qui n'étant point content
d'un maigre repas, se tourmentera de désir d'un meilleur, ne se pourra point
contenir en sobriété, quand il se trouvera en bon appareil ; celui qui ne se
pourra tenir en condition basse ou privée, mais en sera molesté et fâché, ne se
pourra pas garder l'orgueil et d'arrogance s'il parvient à quelques
honneurs »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote36anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote36sym&quot; id=&quot;sdfootnote36anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;36&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Calvin s'inquiète
avant l'heure du développement sans limites des besoins et décrit avec
précision la course effrénée des pauvres après les biens que possèdent toujours
des plus riches. Il décrit non seulement cette course effrénée - préfigurant la
« société de consommation » qui décrira Baudrillard – mais
l'influence qu'elle a sur les mentalités. Certes, il y a là une manière
conservatrice d'appeler à rester à sa place. Mais reformulée par Calvin à la
fin du paragraphe comme une règle de « savoir se tenir modérément en
abondance, et avoir bonne patience en pauvreté », elle est aussi une
critique des inégalités de richesse excessive, voir un appel à ce que nous
appellerions aujourd'hui la sobriété volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Troisième règle :
« Nous sommes des administrateurs des biens de Dieu ».&lt;/strong&gt; Tout
nous est donné par Dieu « comme un dépôt dont il nous faudra une fois
rendre compte», Dieu qui a en horreur « toute intempérance, orgueil,
ostentation et vanité ; de qui nulle gestion n'est approuvée, sinon celle
qui est ordonnée à la charité. »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote37anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote37sym&quot; id=&quot;sdfootnote37anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;37&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Que l'on soit croyant ou pas, nous pouvons
partager cette idée que la terre nous est confiée et que nous devons rendre des
comptes sur son administration, par exemple à nos enfants, ou aux pays du sud
qui doivent pouvoir se développer et à qui nous avons volé leur
« quota » d'émission de Co2 supportable par l'atmosphère, envers qui
nous avons un devoir de « charité » - solidarité pourrait-on dire
aujourd'hui. L'intempérance, l'orgueil, l'ostentation et la vanité ne
sont-elles pas quelques-uns des comportements – il faudrait rajouter l'appât
capitaliste du gain – qui sont à l'origine de la crise écologique ? La question
de la charité n'a-t-elle pas des échos avec les débats actuels sur le partage
des richesses ?&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quatrième règle :
« regarder sa vocation en tous les actes de la vie ».&lt;/strong&gt; Là
encore, une lecture rapide – et pas forcément fausse – peut laisser à penser
qu'il y a un appel à « rester à sa place » : « celui qui se sera
de petite estime, se contentera néanmoins paisiblement de sa condition, de peur
de sortir du degré auquel Dieu l'aura colloqué »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote38anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote38sym&quot; id=&quot;sdfootnote38anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;38&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Mais Calvin, en cela, n'appelle-t-il
également à la dignité de tous, même du plus petit (« il n'y aura oeuvre si
méprisée, ni basse, qui ne reluise devant Dieu, et ne soit fort précieuse,
moyennant qu'en elle nous servions à notre vocation ») qui aura des
résonances écologiques durables. Comme l'écrit Otto Schaefer « en lisant
des ouvrages naturalistes du XVIe siècle on est frappé par la récurrence de
certains motifs théologiques, par exemple celui qui défend la dignité de la
petitesse et de la laideur. Olivier de Serres (1539 – 1619), père de
l’agronomie française, vante par exemple dans son monumental « Théâtre
d’agriculture » les mérites du ver à soie dont la laideur n’empêche pas
que Dieu l’ait choisi pour vêtir les princes et les rois. »&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote39anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote39sym&quot; id=&quot;sdfootnote39anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;39&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;On pourrait également évoquer les écrits
d'Olivier Abel sur les lichens&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote40anc&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote40sym&quot; id=&quot;sdfootnote40anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;40&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Cette règle est aussi un
appel à la cessation des tribulations humaines qui prend tout son sens dans
notre période de précarité des conditions et de changement permanent
obligatoire : Dieu connaît « combien l'entendement de l'homme brûle
d'inquiétude, de quelle légèreté il est porté ça et là, et de quelle ambition
et cupidité il est sollicité à embrasser plusieurs choses diverses tout
ensemble (...) Chacun donc est réputé à son endroit que son état lui est comme
une station assignée par Dieu, pour qu'il ne voltige et tourne ça et là
inconsidérément tout le cours de sa vie ». Une lecture contemporaine ne
peut-elle y lire une critique, à la fois de la course permanente aux
« opportunités de carrière », qui voit les cadres supérieurs changer
d'emploi tous les deux ans, et de la pression à l'employabilité qui ferait
obligation aux salariés d'accepter des contrats de plus en plus précaires et
n'importe quel poste qui leur serait proposé par l'administration ? N'y-a-t-il
pas quelque chose de subversif dans cette sentence que « Dieu commande à
chacun de nous de regarder sa vocation en tous les actes de la vie » ?
Tout ce que ce fais peut-être ma vocation, mais ce que je fais l'est-il ?
Est-ce que je le fais par vocation ou uniquement parce que j'y suis obligé, par
ma précarité ou ma volonté de ne rater aucune opportunité de carrière ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : Quel
regard ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;User de ce monde comme n'en
usant pas, n'est-ce pas la première formulation moderne d'un appel à la
sobriété volontaire qui permet de laisser le monde dans l'état dans lequel nous
l'avons trouvé, c'est à dire avec une empreinte écologique zéro ? Notre planète
est petite, ses ressources sont limitées, et la sur-consommation d'un pays a
des conséquences pour toute la planète. N'est-ce pas parce que nous sommes
maintenant mis en face de la finitude du monde, de sa petitesse que reprennent
sens les réflexions de Calvin qui réfléchissait pour des petites communauté,
pour une société aussi petite que Genève, même si l'Institution est publiée
alors qu'il est encore à Noyon.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;Calvin hier comme les
partisans de la décroissance aujourd'hui sont accusés de vouloir brider le
bonheur, de vouloir construire une société d'ascète. Ce serait mal lire Calvin
– mais aussi les partisans de la Décroissance – qui dénonce autant les ascète
que les athlètes, ceux qui se perdent dans les biens du monde comme ceux qui
s'en privent. Il faut sans doute reprendre chez Calvin des choses simples –
regarder les choses comme image du créateur, réfléchir à nos actes en fonction
de notre vocation, gérer le monde et non le dominer, rendre compte de nos
actes, gérer pour la charité, limité les inégalités de richesse... – mais aussi
relire ce qu'on s'attend le moins à y trouver : l'appel au plaisir. L'appel à
la simplicité du plaisir de regarder la nature, de profiter de ses goûts et ses
odeurs, l'émerveillement devant les résultats de l'activité solaire... Nous
avons avancé la piste que Calvin préfigurait une nouvelle façon de regarder le
monde et la nature. C'est peut-être cette piste qui reste la plus fructueuse :
pour changer notre rapport au monde, comme le regarder différemment aujourd'hui
?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;
&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Calvin (Jean) — Institution chrétienne. Genève,
Labor et Fides, 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Chenu (M.D) — St Thomas d'Aquin et sa théologie.
Paris, Le Seuil, 1959.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Foucault (Michel) — Les mots et les choses.
Paris, Éditions Gallimard (Nrf), 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Abel (Olivier) — De l'amour des ennemis. Paris,
Albin Michel, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Schaefer (Otto), Lavignotte (Stéphane) —
« Environnement et développement durable : une spécificité protestante
? », in Information Evangélisation, n°2 (avril 2008), pp. 29-32.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Bastaire (Hélène et Jean) — Pour une écologie
chrétienne. Paris, Les éditions du Cerf, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote1anc&quot; id=&quot;sdfootnote1sym&quot;&gt;1&lt;/a&gt;L'institution, I.1,1 - p.3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote2&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote2sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote2anc&quot; id=&quot;sdfootnote2sym&quot;&gt;2&lt;/a&gt;L'institution, I.1,1 - p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote3&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote3sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote3anc&quot; id=&quot;sdfootnote3sym&quot;&gt;3&lt;/a&gt;L'institution I.2,1 - p.6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote4&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote4sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote4anc&quot; id=&quot;sdfootnote4sym&quot;&gt;4&lt;/a&gt;L'institution I.5,1 - p.17&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote5&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote5sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote5anc&quot; id=&quot;sdfootnote5sym&quot;&gt;5&lt;/a&gt;L'institution I.5,1 – p.18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote6&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote6sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote6anc&quot; id=&quot;sdfootnote6sym&quot;&gt;6&lt;/a&gt;L'institution I.5,3 - p.19&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote7&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote7sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote7anc&quot; id=&quot;sdfootnote7sym&quot;&gt;7&lt;/a&gt;L'institution I.5,5 - p.22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote8&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote8sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote8anc&quot; id=&quot;sdfootnote8sym&quot;&gt;8&lt;/a&gt;L'institution I.5,5 - p.23&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote9&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote9sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote9anc&quot; id=&quot;sdfootnote9sym&quot;&gt;9&lt;/a&gt;L'institution I.5,12 – p.24&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote10&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote10sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote10anc&quot; id=&quot;sdfootnote10sym&quot;&gt;10&lt;/a&gt;L'institution I.14,20 -
p.128&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote11&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote11sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote11anc&quot; id=&quot;sdfootnote11sym&quot;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;L'institution III.10,2 - p.188&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote12&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote12sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote12anc&quot; id=&quot;sdfootnote12sym&quot;&gt;12&lt;/a&gt;L'institution I.1,1 - p.3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote13&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote13sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote13anc&quot; id=&quot;sdfootnote13sym&quot;&gt;13&lt;/a&gt;L'institution I.14,21&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote14&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote14sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote14anc&quot; id=&quot;sdfootnote14sym&quot;&gt;14&lt;/a&gt;Michel Foucault, Les mots et
les choses, NRF, Editions Gallimard, Paris, 1966, p.47&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote15&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote15sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote15anc&quot; id=&quot;sdfootnote15sym&quot;&gt;15&lt;/a&gt;Michel Fouacault, ibid. , p.34&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote16&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote16sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote16anc&quot; id=&quot;sdfootnote16sym&quot;&gt;16&lt;/a&gt;Michel Foucault, ibid., p.48&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote17&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote17sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote17anc&quot; id=&quot;sdfootnote17sym&quot;&gt;17&lt;/a&gt;L'institution I.2,2 -
p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote18&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote18sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote18anc&quot; id=&quot;sdfootnote18sym&quot;&gt;18&lt;/a&gt;L'institution I.14,2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote19&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote19sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote19anc&quot; id=&quot;sdfootnote19sym&quot;&gt;19&lt;/a&gt;L'institution I.14,20 - p.129&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote20&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote20sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote20anc&quot; id=&quot;sdfootnote20sym&quot;&gt;20&lt;/a&gt;L'institution I.15,3 - p.136&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote21&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote21sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote21anc&quot; id=&quot;sdfootnote21sym&quot;&gt;21&lt;/a&gt;L'institution I.14,22 -
p.131&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote22&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote22sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote22anc&quot; id=&quot;sdfootnote22sym&quot;&gt;22&lt;/a&gt;L'institution I.14,20 -
p.128-129&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote23&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote23sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote23anc&quot; id=&quot;sdfootnote23sym&quot;&gt;23&lt;/a&gt;L'institution I.1,3 -
p.5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote24&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote24sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote24anc&quot; id=&quot;sdfootnote24sym&quot;&gt;24&lt;/a&gt;L'institution I.16,1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote25&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote25sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote25anc&quot; id=&quot;sdfootnote25sym&quot;&gt;25&lt;/a&gt;L'institution I.16,2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote26&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote26sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote26anc&quot; id=&quot;sdfootnote26sym&quot;&gt;26&lt;/a&gt;L'institution I.16,5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote27&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote27sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote27anc&quot; id=&quot;sdfootnote27sym&quot;&gt;27&lt;/a&gt;L'institution I.16,2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote28&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote28sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote28anc&quot; id=&quot;sdfootnote28sym&quot;&gt;28&lt;/a&gt;Michel Foucault, ibid.,
p.73&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote29&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote29sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote29anc&quot; id=&quot;sdfootnote29sym&quot;&gt;29&lt;/a&gt;Otto Schaefer, Stéphane
Lavignotte, Environnement et développement durable : une spécificité
protestante ? Information Evangélisation n°2, avril 2008, p31&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote30&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote30sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote30anc&quot; id=&quot;sdfootnote30sym&quot;&gt;30&lt;/a&gt;Otto Schaefer, Stéphane
Lavignotte, ibid. , p.30&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote31&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote31sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote31anc&quot; id=&quot;sdfootnote31sym&quot;&gt;31&lt;/a&gt;L'institution III.10,1, -
p.186&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote32&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote32sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote32anc&quot; id=&quot;sdfootnote32sym&quot;&gt;32&lt;/a&gt;Ibid., p186-187&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote33&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote33sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote33anc&quot; id=&quot;sdfootnote33sym&quot;&gt;33&lt;/a&gt;L'Institution III.10,3 - p.
188&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote34&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote34sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote34anc&quot; id=&quot;sdfootnote34sym&quot;&gt;34&lt;/a&gt;L'Institution III.10,3 -
p.189&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote35&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote35sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote35anc&quot; id=&quot;sdfootnote35sym&quot;&gt;35&lt;/a&gt;L'Institution III.10,5a -
p.190&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote36&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote36sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote36anc&quot; id=&quot;sdfootnote36sym&quot;&gt;36&lt;/a&gt;L'Institution III.10,5b -
p.190&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote37&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote37sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote37anc&quot; id=&quot;sdfootnote37sym&quot;&gt;37&lt;/a&gt;L'Institution III. 10, 3 -
p.190&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote38&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote38sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote38anc&quot; id=&quot;sdfootnote38sym&quot;&gt;38&lt;/a&gt;L'Institution III. 10,6 -
p.191&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote39&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote39sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote39anc&quot; id=&quot;sdfootnote39sym&quot;&gt;39&lt;/a&gt;Otto Schaefer, Stéphane Lavignotte, &lt;em&gt;ibid&lt;/em&gt;. , p.
30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote40&quot;&gt;
&lt;p style=&quot;margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal;&quot;&gt;
&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote40sym&quot; href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/#sdfootnote40anc&quot; id=&quot;sdfootnote40sym&quot;&gt;40&lt;/a&gt;Olivier Abel, De l'amour des ennemis, Albin Michel,
Paris, 2002, p. 336&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/11/11/Pistes-de-r%C3%A9flexion-%C3%A9thique-sur-la-question-de-la-nature...#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Articles et conférences...</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2008/03/16/Articles-et-conferences</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ad71cc3d998301a498f35c678dbbeaf6</guid>
    <pubDate>Wed, 30 Jun 2010 22:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Agenda</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Pas mal de rendez-vous autours de la sortie de &amp;quot;La décroissance est-elle
souhaitable ?&amp;quot; (Textuel 2010)...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 31 mars 2010/Nîmes :&lt;/strong&gt; rencontre avec Stéphane
Lavignotte (auteur de La décroissance est-elle souhaitable?), dans le cadre des
&amp;quot;soirées débats avec le NPA&amp;quot;, Centre Pablo Neruda (1 place Hubert Rouger 30900
Nîmes), 19h&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Mardi 6 avril – 19h45/Paris 10e :&lt;/strong&gt; « La décroissance
est-elle souhaitable ? » Rencontre avec Stéphane Lavignotte et un
contradicteur (en cours de confirmation). Débat animé par Jerôme Gleizes,
revues Ecorev’ et Multitudes Lieu : Péniche Antipode en face de l'Espace
Ephemere, sur le Canal St Martin quai de Valmy, M°Jaurès. &lt;a href=&quot;http://www.sdd10.com&quot;&gt;Dans le cadre de la Semaine du développement
durable.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vendredi 9 avril à 19h30/Paris 19e :&lt;/strong&gt; &amp;quot;Vivre autrement, changer
la société : réflexions sur l'expérimentation sociale et politique
(sobriété volontaire, AMAP, vélorution, éco-quartier...)&amp;quot;&lt;br /&gt;
avec&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stéphane Lavignotte, ancien journaliste et militant des Verts, aujourd'hui
pasteur à la mission populaire de la Maison verte, auteur de La Décroissance
est-elle souhaitable ?, Textuel, 2010 ;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Colomb, membre du collectif Vélorution !, militant LGBT ;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice Le Roy, chargée de cours d'écologie urbaine à l'IUT de Paris 8,
conseillère sur les questions d'environnement à la mairie de Paris ;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jérôme Vidal, directeur de publication de La Revue Internationale des Livres
et des Idées&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et en présence de l'équipe de la revue&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(dossier de la Rili : « Comment vivons-nous ? Consumérisme,
productivisme, saccage de la planète : le monde contemporain au crible de
la décroissance, de l'écosocialisme et de la deep ecology »)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au restaurant de la Poste&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35 bd de Belleville, 75019 Paris (métro Belleville)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 19 avril / Lausanne (Suisse)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La décroissance est-elle souhaitable ? Stéphane Lavignotte, Pasteur à la
Maison Verte, Paris 18e (Mission populaire évangélique de France), il est un
des fondateurs de Vélorution et de la revue Ecorev’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 19 avril 2010 19H30-21H Café-Théâtre Le Pois Chiche 119, Avenue de
Morges, Lausanne Bus 7 arrêt Prélaz www.poischiche.ch/cafe.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule « café décroissance » : un invité d’ici ou d’ailleurs,
une introduction à la discussion de vingt minutes, le temps de débattre de
19H30-21H, dans un lieu d’écoute et de partage, une calebasse pour les quelques
frais, un couscous à l’étage dès 21H pour prendre le temps de se connaître en
mangeant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROC-Vaud (Réseau Objection de Croissance) désirant rassembler autour du
projet de société de décroissance soutenable (placer l'économie au service de
l'homme et non pas l'inverse, relocaliser l'économie, redistribuer les
richesses) rocvd@decroissance.ch www.decroissance.ch&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/event.php?eid=114787961866524&amp;amp;ref=ts&quot;&gt;Une
page FaceBook&lt;/a&gt; a été ouverte sur ce débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;mardi 25 mai/Paris 9e&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Débat autour du livre à la Librairie protestante &amp;quot;Un temps pour tout&amp;quot; 47, rue
de Clichy, M°Place de Clichy le mardi 25 mai à 18h.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 2 juin 20h/Paris 13e/&lt;/strong&gt;Auditorium de la Maison du
Mexique de la Cité Internationale Universitaire de Paris (RER Cité
universitaire) est disponible pour le 2 juin 2010 (mercredi). Débats autour du
livre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vivons-nous ? Décroissance, &amp;quot;allures de vie&amp;quot; et
expérimentation politique.&lt;/strong&gt; Entretien de Stéphane Lavignotte avec
Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal, Revue internationale des livres et des
idées de mars 2010. Dans un dossier avec également des articles très
intéressants de Fabrice Flipo sur l'écologie profonde et de Michaël Lowy sur
l'écosocialisme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;quot;Faux amish ? est-il possible de ne pas accepter toutes les
innovations techniques qui nous sont proposées ? Que nous apprennent les
amishs&amp;quot;&lt;/strong&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.editions-parangon.com/f/index.php?sp=coll&amp;amp;collection_id=8&quot;&gt;Entropia&lt;/a&gt;
n°5 automne 2008.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;quot;Quelle politique des modes de vie ? L'écologie adolescente
entre contrainte et reveil du désir&amp;quot;&lt;/strong&gt;, dans Contretemps n°21
&amp;quot;Capitalisme, crises et développement&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;quot;Vivre ensemble&amp;quot;, article&lt;/strong&gt; écrit avec &lt;a href=&quot;http://blog.veroniquedubarry.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Véronique Dubarry&lt;/a&gt;, dans
&lt;a href=&quot;http://ecorev.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Ecorev'&lt;/a&gt; n°28, automne 2007.
Numéro consacré à André Gorz avec d'excellentes contributions de Yann
Moulier-Boutang, Bernard Guibert, Alain Lipietz, Jean Zin, des reprises
d'anciens textes et interviews d'André Gorz et un texte sur le travail envoyé à
la revue peu de temps avant son suicide avec Doreen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;La décroissance est-elle souhaitable ?&quot; sur France-Culture</title>
    <link>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/06/06/%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-sur-France-Culture</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 23:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>--</dc:creator>
        <category>Ecologie politique</category>
            
    <description>    Dans &amp;quot;Terre à terre&amp;quot; de Ruth Stegassy, dialogue avec Cédric Durand, auteur de
&amp;quot;Le capitalisme est-il indépassable ?&amp;quot;. A écouter &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre-phyto-bar-la-decroissance-est-elle-souhaitable-2010-06-05.html&quot;&gt;
ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2010/06/06/%22La-d%C3%A9croissance-est-elle-souhaitable-%22-sur-France-Culture#comment-form</comments>
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